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Valhalla Hôtel, pour Perna et Bedouel tout est bon dans le cochon

Pat Perna nous avait prévenu dans son interview. Valhalla Hôtel, une histoire à la base de Fabien Bedouel qu’ils ont co-scénarisée, est un polar fantastique, étonnant, surprenant, pimenté par l’humour et l’action qui fait boum. Dans ce road movie, un jeune champion de tennis de table et son entraineur ont la malchance de tomber en panne dans un coin paumé des USA. Et vogue la galère car en prime la zone est sous contrôle d’une population d’origine allemande qui fait dans le cochon. Va y avoir du surprenant et de la tripaille au menu. Tout est bon dans le cochon. Les frères Coen, Fargo, Sang pour sang, on y pense un peu mais le duo Perna-Bedouel a fait dans l’original haut en couleur avec une brochette vivante de personnages dont Bedouel a mis en avant, avec un beau talent, toutes les saveurs très relevées.

Dans une Fiat 500 pourrie, Malone, un coach de tennis de table et son joueur ado Lemmy qui ne parle pas tombent en panne en plein désert. Le shériff du coin après des échanges verbaux qui flirtent avec le surréalisme les embarquent dans son patelin, Flatstone, et les mets au trou. Sur la route, la 500 a croisé un camion conduit par un drôle de type au look teutonique et aussi une voiture de sports noire à pleine vitesse, celle d’El Loco. Betty Maloney, belle rousse, est l’adjointe du shériff. Dans la cellule le gamin joue avec balle et raquette exaspérant le policier qui finit par les libérer. Sauf que sans bagnole qui est au garage, il faut qu’ils aillent au Valhalla Hôtel tenu par Frau Winkler et sa fille. Malone décide d’aller faire un tour en ville et boire un verre dans une boite où El Loco joue des poings et du Motor Head. Ce qui n’est pas incompatible.

On comprend vite que ce n’est pas un patelin bien tranquille Flatstone et que la communauté allemande a peut-être hérité des mauvaises habitudes nationales oubliées en 1945. C’est pas des façons non plus de se trimbaler avec des masques ou des têtes type cochon de concours, ou un 357. La suite il faut la lire car on part en live avec charge de la cavalerie en 4X4, Fort Alamo version lance-roquette et un abonné absent, le super doué de la raquette. Du grandiose, du nerveux que Bedouel maîtrise, illumine et qui pour Perna « est un hommage à tout ce qu’il aime, manga, comics et la résilience du franco-belge. Il voulait dessiner des voitures, il y a des scènes de poursuite, des explosions. Je lui en écrit des pages et il s’est amusé avec ça. Moi j’ai gardé mon fil conducteur, des personnages qui me plaisent. » Il y aura trois albums et ça commence bien dans le déjanté à grand spectacle qui en met plein la vue.

Valhalla Hôtel, Tome 1, Bite the bullet, Comix Buro, 14,95 €

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