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La Part de l’ombre T2, qui perd gagne

Il était suisse, a voulu tuer Hitler, a été arrêté et décapité par les nazis. Son pays la Suisse ne lui a jamais reconnu le statut de résistant, n’a rien fait pour l’échanger contre des espions allemands et pire l’a laissé être reconnu coupable de tentative de meurtre post-mortem même si sa cible était Hitler. La Part de l’ombre est signé Pat Perna avec Francisco Ruizgé au dessin. Dans le tome 1 on a découvert qui était Maurice Bavaud qui avait osé tenter l’impensable. Comment sa famille se battait pour le faire réhabiliter. Et il y avait aussi ce journaliste d’Allemagne de l’Est, Guntram Muller un ex-flic inspiré partiellement à Perna par un certain Philippe Kerr comme il le dit dans son interview publié par Ligne Claire qui enquêtait sur Bavaud mais pourquoi. Un panier de crabes en pleine guerre froide dans ce tome 2 qui clôture le diptyque et le souvenir d’une Suisse dont l’attitude pendant la guerre n’a pas été des plus glorieuses. Neutre ou pas.

Pas bavard à Berlin en 1956 l’ambassadeur de Suisse. Face à lui Muller plante les banderilles et tente de comprendre pourquoi la Suisse a sacrifié Bavaud, l’a ensuite laissé être condamné à nouveau par un tribunal de l’Allemagne fédérale. Neutralité d’abord et argent aussi, pas de comptes à rendre après la guerre, pour l’or dans les caves des banques. Muller veut que la Suisse face appel du jugement contre Bavaud, dédommager la famille. Muller a des anges gardiens de la CIA qui veulent savoir ce qu’il fricote. A l’époque Muller était flic et chargé de l’enquête. Il avait été même reçu au Nid d’Aigle par Bormann. Bavaud avait fait un séjour dans une pension de famille du village, les Watcher. Et la mère aurait été la cuisinière d’Hitler, plus encore avant guerre. Mais en 1956 à Berlin il y a encore plus important. Khroutchev va débarquer et Muller a des infos improbables.

Thriller, polar historique comme on les aime, Pat Perna a un don pour tirer les ficelles dans le bon ordre. Il fait monter la sauce doucement, accélère et sort le grand jeu, la carte maîtresse impensable au premier abord. Mais imparable. Stasi, agent double, triple, manipulations, on est dans le Berlin coupé en tranches par les occupants et des Russes qui veulent tirer les marrons du feu. Sauf que Muller est un bon flic, intuitif et retors. Alors on se plonge dans le tome 2 toujours bien cadré côté dessin par Francisco Ruizgé avec un bon travail de doc sur le Berlin des années 50.

La Part de l’ombre, Tome 2, Rendre justice, Glénat, 14,95 €

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