Karmela Krimm, une Pétadou de compétition

Une nouvelle série, un polar très TV sous la plume de Lewis Trondheim et le crayon réaliste de Biancarelli, Karmela Krimm est une ex-flic devenue privée. Mais il peut y avoir des impondérables dans une vie même avec son ex coéquipière. Des efficaces qu’on surnommait les Pétadou puis il y a eu soucis. Du coup, on filoche toute seule le pauvre monde quand soudain il y a une surprise dans la clientèle. A la base, l’idée est de Frank Biancarelli. Trondheim a pris le train en marche direction La Canebière. Il a réécrit le scénario et laissé la place à une héroïne, pas à un mec, mais sans vrai rapport avec son autre privée, Maggy Garrisson, peut-être plus atypique. Reste que Karmela est dans la plus pure tendance et lignée des personnages actuels de séries télé, une femme, un mec. Ah oui, Candice est blonde.

Karmela Krimm

Elle est demandé par la femme d’un truand grand luxe abattu, ex-président de l’OM. Karmela sait que Florence Perrini a repris les commandes du club et elle l’a rencontrée quelques années plus tôt avec son équipière pour une affaire de trafic de tickets. Cette fois c’est pour trouver le meurtrier de son mari qu’elle voudrait que Karmela enquête. Réticente la privée mais elle accepte. En prime, elle hérite d’un garde du corps maison, Tadj, bon géant taiseux. Karmela a une filleule, Manon ,qu’elle a pris en stage collège. Et qui lui colle aux basques. Karmela va voir son oncle au courant de tout ce qui se passe dans la cité. Le tonton joue un peu trop avec les dealers. Et la mère de Manon, Alice, ex-équipière de Karmela apprécie moyen que sa fille navigue dans ce genre de milieu.

Karmela Krimm

Le duo Karmela-Tadj est efficace, pas souriant mais bien rodé. On sait que les embrouilles marseillaises ne sont pas simples à démêler. Trondheim a sorti un échantillonnage représentatif et les flingues en prime, autre spécialité marseillaise. On n’oublie pas non plus la part sociale, sociologique et des rebondissements bien ficelés. On aime aussi la filleule mais ça c’est plutôt un peu Cherif. Reste que le dessin de Biancarelli embarque le tout comme il faut, parfait, expressif, avec des personnages qui accrochent et auxquels on va s’attacher. Un petit côté Dominique Hé. Au suivre de près la Pétadou.

Karmela Krimm, Tome 1, Ramdam Blues, Le Lombard, 12,45 €

Ramdam Blues