Il a été en quelque sorte un précurseur, celui d’un Madoff bien sûr, et de pas mal d’autres escrocs à la finance. Mais avec Carlo Ponzi on a atteint des records. Son coup de génie, rémunérer les investissements de ses clients par les fonds des nouveaux arrivants. Jusqu’au jour où l’argent qui entre ne couvre plus celui qu’il faut rembourser. On parle aussi de système de cavalerie. Le Pyramide de Ponzi, c’est le titre de ce passionnant album qui raconte par le détail grandeur et déchéance de son inventeur, immigré italien aux USA et qui à presque failli en devenir un candidat à la présidence. Car Ponzi a eu un vrai succès à tout point de vue, capable de se remettre en selle et de repartir de plus belle. Xavier Bétaucourt s’est attaché à suivre les traces de Ponzi et Nathalie Ferlut (Artemisia) a mis en images d’un dessin expressif ce destin d’exception que seuls les États-Unis sont capables de créer.
Il faut bien suivre le montage que Ponzi met en place. Certes cela peut paraître simple mais pas si évident que ça. Ponzi avait du talent, celui des grands financiers. De là à dire que la frontière avec un escroc est fort mince, il n’y a qu’un pas où l’épaisseur d’un billet de banque. Ponzi saura aussi jouer avec les appuis des politiques, de la police. Un génie Ponzi, mais pas pour ses épargnants. Il finit par se planter mais bien aidé par ses propres collaborateurs qui ont voulu jouer dans la cour des grands. Il sera même employé par l’Italie fasciste et mourra fauché à Rio. Comme disait Ponzi, « voler Pierre pour payer Paul ». Ponzi fera des émules et ce n’est fini tant est grande la crédulité humaine.
La Pyramide de Ponzi, Delcourt/Mirages, 17,50 €
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