Ligne Noire, Berthet et Zidrou pour un polar tordu à souhait

Avec Le Crime qui est le tien, le dessinateur Philippe Berthet enrichit avec Zidrou la collection Ligne Noire. Un polar bien sûr dont on ne voit pas arriver les rebondissements, du solide peaufiné par Zidrou qui montre ainsi toute la diversité de son talent de scénariste. Le dessin de Berthet est toujours aussi efficace et envoûtant. Une belle femme fatale, deux frères qui ont une ardoise à régler entre eux, un flic finaud, il y a de la rumba dans l’air à Dubbo City.

Le Crime qui est le tienIl fait chaud à Dubbo City, Australie. Très chaud ce qui explique peut-être en partie que Lee saute sur tous les hommes qui passent. Mais le jour où son mari, Greg en a eu marre, elle a eu droit à 67 coups de couteau à bois dans son joli corps. Et Greg a pris la fuite malgré le flic du coin, Neville, que sa capture obsède. Quand vingt-sept ans plus tard, Ike le frère de Greg s’accuse du meurtre avant de mourir, ça surprend le voisinage mais permet à Greg qui vivait paumé berger dans la montagne de revenir à Dubbo City flanqué du fantôme de Lee qui ne la lâche plus. Neville sera le comité d’accueil de Greg au village. Le temps des règlements de compte est venu.

Un vrai suspense qui déroule ses questions, ses coups de théâtre et tordus, Zidrou a dû prendre un malin plaisir à balader ses lecteurs. Car il a mis le paquet dans le style. Et Berthet lui a ouvert ses planches, souligné comme d’habitude ses personnages de son trait noir ligne claire. Elle a du chien Jane et on comprend son mari mais bon, elle était peut-être plus gentille qu’on ne le croit. Noir à souhait et alambiqué dans la vengeance quand on a enfin tous les éléments du puzzle.

Le Crime qui est le tien, Dargaud, 14,99 €

Le Crime qui est le tien