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Ama le souffle des femmes, au pays des plongeuses

Une des plus belles et fortes traditions japonaises qui n’a rien de folklorique, la pêche en apnée des Ama. On parle souvent de pêcheuses de perle, ce qui est faux. En réalité ces femmes ramassent depuis des siècles, au fond de la mer, les ormeaux, des algues, avant tout du comestible. Elles y passent leur vie jusqu’à un âge souvent avancé. Et cela n’a rien de folklorique. Franck Manguin au scénario et Cécile Becq au dessin et couleurs retracent le destin d’une jeune fille qui va renouer avec les racines familiales, devenir une Ama alors que sa mère y avait renoncé. Mais pourquoi ? Beaucoup de poésie, de romanesque dans cette histoire qui s’appuie sur une réalité connue partiellement grâce à des films documentaires. Les auteurs ont su ne pas trahir la réalité tout en lui apportant une trame qui y ajoute un réel intérêt. Sortie mi-mai.

1962, sur une île japonaise, on attend une jeune fille, Nagisa, que sa mère, Chitosé, envoie à sa sœur, Isoé, plongeuse et pêcheuse de perles, d’ormeaux, une Ama, que coache son mari, Goro. Les femmes de l’île ont le monopole de la pêche et savent faire valoir leurs droits. Des caractères, fières et indépendantes. Nagisa apprend peu à peu que sa mère et son père sont partis sans prévenir ce que leur reproche Isoé qui va faire sa première sortie en mer. Elle a du mal à côtoyer toutes ces femmes nues habituées depuis l’enfance à plonger. Elle va apprendre la technique avec Nagisa, une autre Ama expérimentée. Elle va aussi finir par dire la vraie raison de sa venue sur l’île où saura-t-elle trouver sa place ?

Elles diminuent au fil des ans les Ama. Même si elles sont respectées et un emblème national, une tradition millénaire dans un pays qui reste toujours respectueux et accroché à son passé. La vie de la jeune Nagisa est le prétexte romantique de décrire ce monde hors norme des Ama. On y ajoute un suspense, des secrets et des rebondissements. Le tout est très agréable soutenu par le trait délicat et dans le ton de Cécile Becq au petit côté estampe. Une œuvre qu’il faut découvrir, intelligente et captivante.

Ama, Le souffle des femmes, Sarbacane, 21,50 €

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