Gunfighter, des barbelés sur la prairie

Un western signé par Christophe Bec et le retour de Michel Rouge à un genre qu’il maîtrise parfaitement, Gunfighter a tous les ingrédients d’un classique. Un tueur à gages au Colt d’argent, deux familles de vachers qui s’affrontent par barbelés interposés, une jeune femme qui sera, on le pense, un enjeu capital du scénario, des coups de feu qui ponctuent la longue marche d’un troupeau de Longhorns, que demander de plus ? Ah oui, sûrement, mais à vérifier suspense oblige, un cadavre familial dans le placard du ranch. Le duo Christophe Bec-Michel Rouge (ce dernier a accordé une longue interview à Ligne Claire) trace une fresque comme on les aime, un western pur et dur avec des gueules, des ambiances, des paysages superbes. Michel Rouge a fait un très beau travail assisté aux couleurs par son fils Corentin.

GunfighterAu Colorado en 1886, il y a des barbelés sur la prairie, les cordes du diable, histoire de faire un élevage intensif auquel s’oppose les petits fermiers comme les Cotten qui veulent libre passage pour leur bétail. Pas question pour le riche Wallace qui veut à tout prix récupérer leurs terres pour étendre son domaine avant que n’arrive le chemin de fer. Après une tempête, les Cotten trouvent leurs bêtes empêtrées dans les barbelés mais aussi un type blessé qui tient un Colt d’argent dans la main. Ils le soignent bien qu’il semble rechercher par des marshals. Katherine Cotten, son frère Wayne et le vieux Garth vont faire confiance à l’homme qui dit se nommer Craig Bellamy malgré son passé tourmenté. Il faut préparer le troupeau.

La mécanique est bien huilée. Tout se met en place dans ce premier album. On sait bien qu’il y aura du duel à la OK Corral. et des corps sur la piste d’Abilene. Rouge est flamboyant dans son investissement graphique au service du scénario. Du carré, certes classique on l’a dit mais de haut vol. Ce qui est rare parfois dans le western nouvelle tendance de la BD.

Gunfighter, Tome 1, Glénat, 14,50 €

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