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Les Morsures de l’ombre, au fond du piège

Un polar psychologique à succès de Karine Giebel en 2009, ce sont Miceal Beausang-O’Griafa, Xavier Delaporte et Greg Lofé qui ont adapté Les Morsures de l’ombre en BD. Pas évident car on est dans une œuvre très littéraire à huis clos. Et qui est diabolique à souhait. Noir ce polar qui jusqu’à la fin entretien le doute. Une écriture redoutable, piégée qui accroche le lecteur. La BD a su en maîtriser le fil et le rythme. Le dessin apporte toute sa subtilité à ce polar sculpté avec soin.

Un homme enfermé dans une prison, prisonnier sans savoir ce qui lui est arrivé. Il portait une arme qu’il n’a plus. Il est dans une cave sans portable ni menottes donc il est flic. Une voix lui demande si « ça va commandant ». Une femme est en face de lui, il l’a rencontrée dans un bar. Un verre, séduction, soirée agréable, elle se nommerait Lydia. Elle lui annonce que désormais sa vie est entre ses mains. Que fait-il là ? Il n’en a aucune idée. Cela lui apprendra de tromper sa femme Gaëlle. Lydia, Benoit l’a rencontrée en panne au bord de la route puis le bar. Elle lui annonce qu’elle veut le regarder mourir. Il la prend pour une folle. Une tentative de la capturer à travers mes barreaux mais elle n’a pas les clé sur elle. Et si Gaëlle était dans le coup ? Lydia veut le faire payer mais pourquoi. Au commissariat on sait que Benoit a disparu. On va envoyer Fabre de la Crim pour aider la flic qui enquête et ne l’aime pas. Le commissaire a un secret que connaissait Benoit, le jeu et des dettes. Quant à Lydia elle voit une psychiatre.

A partir de là, tout est en place mais c’est quand même l’ombre absolue. Lydia a inévitablement des comptes à régler. Le duo va jouer à un jeu très dangereux et en parallèle l’enquête progresse. Là aussi il y a des cadavres dans le placard. Une progression minutieuse pour ce roman au suspense haut de gamme parfaitement rendu en BD aussi bien sur le plan graphique que narratif. On est balloté : folie ou autre cause ? Surprise du chef et une psy qui commence à avoir des doutes. Un polar très bien ficelé et qui sort de l’ordinaire, qui amène le lecteur sur des pistes impossibles. Vengeance, folie mais la grenade mentale est dégoupillée, schizophrénie en prime ou pas.

Les Morsures de l’ombre, Éditions Philéas, 19,90 €

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