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Seul le silence, Ellory associé au talent de Colin et Guérineau

Pour les vrais amateurs de polars sociétaux, complexes, psychologiquement très aboutis et novateurs en diable, Roger Jon Ellory est un grand maître. Avec Seul le silence, primé largement, il a signé une des plus belles références en la matière. Et avait donc toute sa place au sein des éditions Philéas spécialisées dans les adaptations littéraires. Fabrice Colin et Richard Guérineau à qui l’on doit entre autres l’excellent Henriquet, Entrez dans la danse avec Teulé, se sont donc associés pour l’occasion. Le résultat est brillant, accaparant. Toute la force de Ellory (qui les a encouragés tout au long de cette adaptation) est dans leurs images, les textes, les ambiances difficiles à restituer tant elles sont puissantes dans le roman. Un titre comme on dit indispensable. Vraiment.

Il est écrivain et se souvient de son enfance, de la découverte du premier corps de fillette, Alice. Assassiné de la pire des façons, une boucherie. On est à la veille de la seconde guerre mondiale et la colonie allemande est importante dont les Kruger. Joseph Vaughan va se persuader que tout va bien jusqu’au nouveau meurtre. Monte en lui un besoin immense de protéger les autres dont Elena la fille Kruger et la jolie institutrice, Mlle Webber. Des Allemands certes les Kruger mais gentils pour Joseph. Qui découvre que sa mère certes veuve a un amant, Kruger. Joseph a envoyé une nouvelle à un concours littéraire mais bien que complimenté sur son style n’a pas gagné. Sa mère lui demande de ne jamais cesses d’écrire. La guerre éclate après Pearl-Harbor. Alors qu’une troisième gamine est tuée.

Ce qui prévaut chez Ellory, hormis son talent d’écriture, c’est la montée en puissance du suspense, les pistes brouillées, fausses, ou trop évidentes. Qui est vraiment Joseph, que cherche-t-il ? Colin et Guérineau magnifient le tout, couleurs comprises, sépias, avec une fidélité totale. Très difficile d’aller plus loin, car, à moins d’avoir lu le roman, Seul le silence le mérite justement, pour mieux en être le prisonnier et l’explorateur. Le doute doit planer, on n’est pas déçu. Un conseil, lire aussi le dernier Ellory, Le jour où Kennedy n’est pas mort. Une leçon magistrale.

Seul le silence, Éditions Philéas, 18,90 €

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