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Corentin Tréguier au Congo, drôle de singe

On dira d’abord que le titre n’est pas neutre sur le ton et le fond. Corentin Tréguier au Congo ne fait que précéder bien avant la date un autre envoyé spécial au temps (pas si) lointain des colonies. Adaptation en BD de la série radiophonique en dix épisodes de France Culture, ces aventures épiques d’un jeune explorateur en mal de son époque, qui est tout ce qu’il ne devrait pas être, humain, sentimental, non violent, juste, flirte avec une idée séduisante mais uchronique bien sûr, l’abandon de la colonisation de l’Afrique par l’Europe, France et Belgique en tête. Rêvons un peu car il y avait bien matière, on va le voir à faire du son une BD en papier. D’autant que Pierre-Yves Berhin dit Hamo dessinateur va proposer à Emmanuel Suarez créateur de Corentin une vision graphique qui colle parfaitement à ce que l’on imagine en écoutant la radio. 

1872, Paris Ministère de la Marine, on reçoit le jeune Corentin Tréguier pour lui confier une importante mission. Il doit retrouver le professeur Delescluze qui a disparu au Congo. Pire il se serait transformé en singe d’après des témoignages. Tréguier est certes officier de Marine mais pas doué. Il a par cotre des connaissances en zoologie, ça peut servir. Mais il va risquer sa vie et celle de ses hommes pour explorer des terres inconnues que l’on pourrait exploiter et rattacher à la France. Ce que compte aussi faire la Belgique au Congo où on envoie la belle et sournoise Madame de Willers, agent très secret et belge. Avant de partir, Corentin rencontre sa mère en Bretagne à qui il promet d’envoyer des rapports précis de ses aventures. Elle en fera un recueil. Départ pour le Congo. Corentin a pour second un capitaine brutal, Gabard. Et découvre à bord du bateau Camille de Willers et tombe sous son charme. Choc des cultures à l’arrivée.

Une longue et périlleuse route attend tout ce petit monde sur fond de racisme ordinaire, et d’anti-colonialisme prémonitoire. Un regret quand même, la taille des dialogues certes nécessaires pour informer, expliquer mais qui par moment parasitent l’action. Faire plus court, concis par rapport à l’audio aurait encore plus servi propos et BD. Reste qu’on est bien pris par le charme serein de Corentin, le dessin d’Hamo ligne claire, les ambiances, le ton et qu’on aimerait bien qu’il parte sur d’autres pistes lointaines. Chez les Soviets, en Amérique ?

L’Incroyable expédition de Corentin Tréguier au Congo, Nathan BD, 22 €

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