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Germaine Cellier, un « nez » pour des parfums de rêve

Il y a des inconnues illustres. Germaine Cellier en fait partie, premier « nez » femme à avoir révolutionné la parfumerie française auprès des plus grands noms en la matière, de la mode ou parfumeurs. Un caractère Germaine que Béatrice Égémar au scénario et Sandrine Revel au dessin dont a toujours aimé la qualité de l’œuvre (Glen Gould, Grand silence, Chroniques de San Francisco) remettent sur le devant de la scène avec en plus un ouvrage à la lecture multi-sensorielle. Une carte imprimées sur des encres parfumées à Grasse imprégnée de Fracas créée par Germaine Cellier pour Piguet est glissée dans l’album. Une façon très curieuse et séduisante de lire ces pages avec ce parfum qui suit le regard sur les planches.

Les parfums vivent longtemps. On pourrait évoquer le numéro 5 de Chanel mais souvent on oublie leurs créateurs, des artistes en fait qui signent un parfum qui va devenir célèbre comme un peintre une toile. Germaine Cellier a été une créatrice hors normes née en 1909. Son père adorait Dumas et est mobilisé, blessé, et repart au front. Germaine va en pension avec sa cousine Catherine, un sacré numéro. Rebelles les petites filles, on est chez les Sœurs et on va exorciser Catherine. En 1921 la famille va à Etampes et déjà Germaine sent des odeurs partout. Elle va aider sa mère à faire des couronnes mortuaires en perle, fait des études de chimie, découvre l’exposition de 1925 et Paul Poiret le grand couturier, ses parfums. Elle comprend que les parfums ne sont pas que naturels. Gallet, Chanel, il y a autre chose, des synthèses artificielles. C’est décidé elle va les découvrir et sera créatrice à Paris où elle part avec Catherine. Sa vie va vraiment commencer.

Chez Justin-Dupont, très vite, elle sera reconnue comme un « nez », a sa propre équipe même si elle gène le spécialiste maison. Elle va aussi se faire une place dans le milieu artistique parisien avec Dabit auteur de Hôtel du Nord, Denoël, Oberlé future voix de Radio Londres pendant la guerre. L’Occupation, les restrictions, mais pas pour tout le monde. Germaine va passer à autre chose. Schiaparelli rivale de Chanel, Piguet avec Bandit qui sera un succès, Ricci avec Cœur Joie et Fracas toujours pour Piguet. Une histoire captivante où on découvre les coulisses de la création. Il y a en fin de livre une interview imaginaire de Germaine Cellier. Une excellente documentation, une biographie qui fleure bon aussi le génie et démystifie le sujet.

Germaine Cellier, L’audace d’une parfumeuse, Nathan, 27 €

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