Un conte, une histoire de mondes perdus, de fin d’univers qui en générera d’autres, de résistance, de futur lointain, Mathieu Bablet a mis en scène un très vaste roman de science-fiction proche de 2001 ou de sagas d’anticipation à connotations existentielles. Shangri-La sera la destination de clones humains, plaine d’une planète lointaine où la vie doit se reconstruire mais, avant, s’éteindre où elle existe, une station spatiale régit par une multi-nationale qui règne en maître. Des décors grandioses pour une course au pouvoir dans laquelle de curieux animoïdes vont jouer les arbitres.
Virgile et Scott enquêtent sur des phénomènes bizarres qui détruisent des laboratoires spatiaux mais toutes les preuves doivent être effacées. Ce sont les ordres de Tianzhu Enterprises qui régit leur monde. Tout n’est pas clair atour de Thianzu et des noyaux de résistance se sont mis en place. La colonie est placée sous le signe du bonheur, du travail et tous ont accès aux produits de Thianzu. Des animoïdes intelligents sont aussi parmi les humains dans la colonie mais sont mal traités bien qu’une loi les défende. Une minorité qui sert de défouloir. Des missions ont été envoyées sur Titan pour recréer la vie à partir de rien mais on cache la vérité à la population du vaisseau spatial sur l’utilisation de l’antimatière. La direction de Thianzu ne peut accepter de rebelles.
Shangri-La parle avant tout de résistance et de renaissance, d’espoir. Faut-il détruite l’existant pour mieux permettre à un autre monde de germer, sans états d’âme ? Si Dieu a créé la vie, l’homme peut-il remplacer Dieu ? On peut aussi lire Shangri-La comme une aventure humaine avec ses héros et ses passions. Au total, face à la qualité graphique, à la progression scénaristique et au découpage on se dit que Shangri-La détient ses propres codes, ses propres messages. Avec plus de de deux cents pages, toutes nécessaires et envoûtantes, c’est la preuve, si besoin était, que Mathieu Bablet a beaucoup de talent et un sens manifeste de l’émotion qu’il sait transmettre à ses lecteurs.
Shangri-La, Ankama, label 619, 19,90 €

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