Festivals

Pas de Festival d’Angoulême en juin 2021 mais annonce du Grand Prix maintenue et rendez-vous en janvier 2022 pour la 49e édition

Il n’y aura pas comme prévu un second tour du Festival d’Angoulême en juin prochain. L’organisation du Festival International de la Bande Dessinée d’Angoulême, en lien avec l’Association du FIBD, et après concertation avec ses partenaires, a pris la décision logique de donner à tous rendez-vous fin janvier 2022. On peut aussi rappeler que le Salon du Livre de Paris a aussi jeté l’éponge pour 2021. Le Festival se tourne dès maintenant résolument vers janvier 2022 (du 27 au 30 janvier), synonyme d’un nouvel élan, d’une espérance de liberté retrouvée rimant de nouveau avec bande dessinée. La préparation d’une 49e édition ambitieuse a déjà commencé. Par contre, le Grand Prix 2021 sera bien annoncé fin juin malgré l’annulation de la manifestation, pour clore le Palmarès de cette 48édition pas comme les autres.

© Mathias Benguigui / 9e Art +

Les organisateurs ont en toute logique conclu qu’à l’évidence, au regard de l’évolution du contexte sanitaire actuel, réaliser une édition du Festival en juin prochain – comme il avait été envisagé en novembre dernier – aurait signifié renoncer à de nombreuses dimensions qui fondent l’identité et la raison d’être de l’événement depuis son origine. A savoir, favoriser la rencontre directe entre les créateur.ice.s de bande dessinée et les publics de tous âges ; donner à voir et entremêler les œuvres issues du monde entier ; proposer une circulation libre entre l’offre des éditeurs qui présentent leurs catalogues de livres et les expositions et animations ; être un lieu de création in situ ; accueillir la jeunesse avec ses enseignants, parents, accompagnateurs, dans un espace qui lui est dédié et plus généralement permettre à tous de se croiser et s’entrecroiser dans une ville à taille humaine pour vivre et respirer bande dessinée l’espace d’une ou plusieurs journées.

Quand la BD rentre en gare à Paris Austerlitz. David Paquin ©

Décider aujourd’hui d’annuler un événement tel que le Festival n’est pas chose aisée pour ces mêmes organisateurs. Le Festival irrigue socialement, culturellement et économiquement tout un territoire qui l’a fait grandir. Il est aussi un vecteur de promotion des auteur.ice.s en devenir et d’œuvres qui ont besoin d’être mis.e.s en lumière pour mieux rencontrer leurs lecteurs. Il est encore un facteur d’échanges entre les créateurs et les citoyens du monde, des échanges qui se révèlent toujours plus nécessaires. Il est par ailleurs un espace de dialogue où les enjeux de l’univers culturel et du marché de la bande dessinée peuvent être évoqués entre tous et dans l’espace public. Une fonction utile pour traiter des problématiques actuelles liées aux auteur.ice.s.

En janvier dernier et dans les semaines qui ont précédé, le Festival a souhaité agir dans le temps qui est habituellement le sien. Il a ainsi pu faire aboutir le déroulement de ses Sélections Officielles et de son palmarès, la création d’un nouveau Prix – le Fauve des Lycéens –, ses concours dédiés à la médiation créative et la détection des talents, le lancement de la plateforme en ligne de son Marché International des Droits, la mise en avant du 9e art dans plus d’une quarantaine de gares en France, une journée spéciale sur France Inter consacrée à la bande dessinée (sans doute une première dans l’histoire de la radio !), la co-organisation avec France Télévisions du Prix du public. Fidèle à sa vocation, dans ce contexte exceptionnel, l’événement a donc permis de nouveau une rencontre, sous différentes formes, entre le 9e art et son public. L’ensemble de ces actions constitue la 48e édition du Festival, une édition hors norme, qui restera à la fois comme atypique et l’incarnation d’une période appartenant d’ores et déjà à l’Histoire.

 

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