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L’Argentine, Andreas joue et gagne

Une évolution, une révolution ? Andreas revient avec un album dont le trait s’est, si ce n’est transformé, au moins assagi. Plus de souplesse, de ligne parfois claire, moins de hachures, de brisures comme dans son magistral Capricorne. Avec L’Argentine, dont Isabelle Cochet signe avec talent les couleurs, Andreas innove, tout en gardant son souci d’une scénario à tiroir, parfois déroutant, mais mené avec jubilation. Graphisme, écriture, thématique de polar, thriller politique, il a remis des pendules à son heure, joue un nouveau jeu et fait ses débuts chez Futuropolis. Ceci explique aussi peut-être cela.

Elle a fait une fugue la gamine, sauf qu’elle se retrouve sans savoir comment en Argentine. Quand on est, Silver, la fille d’un homme, Yvon d’Alayrac, capable de faire et défaire les présidents, on peut se poser des questions, même si papa a été mis au placard par le dernier élu. Pour résoudre le mystère, on met sur la piste un des meilleurs flics du pays, une femme, Coreau, qui a un petit air de Barbara. Quand on récupère Silver, elle dit que de sa chambre elle s’est retrouvée direct chez les gauchos. Elle n’en sait pas plus. Pas facile pour l’enquêtrice de démêler les fils d’une affaire où tous les acteurs sont des menteurs professionnels. Avec des cadavres dans le placard. Il y a quand même quelque chose qui ne colle pas dans cet imbroglio. Avec en prime la mère de Silver dans le coma depuis sa naissance. Et un ambassadeur coquin.

C’est un aiguilleur du récit, Andreas, mais il faut bien se méfier de ses fausses pistes ou de ses sous-entendus scénaristiques. Polar ? Pas sûr. Thriller ? Plutôt mais à sa sauce avec une Silver qui est le point maître de l’échiquier. Surtout ne pas se laisser décontenancer. On accroche et on plonge en apnée à la suite de ce petit monde emberlificoté dans ses embrouilles. Dont, majeures, celle du gentil papa gâteau. Une petite dose psy pour la route et, on le redit, un dessin démarqué. Ensuite, à lire en se demandant bien ce que signifie la première page. Un bonheur ce retour d’Andreas, léger et libre.

L’Argentine, Futuropolis, 18 €

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