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Interview : Al Coutelis après Deux Passantes part sur les traces de sa famille

Al Coutelis était au dernier Festival de Sainte-Enimie en Lozère. On avait la dernière fois évoqué Deux Passantes dans la nuit ou Tanguy et Laverdure. Al Coutelis a dévoilé à Ligne Claire le projet très personnel et intime qu’il prépare sur la vie de sa famille. Propos recueillis par Jean-Laurent TRUC.

Al Coutelis au Festival BD de Sainte-Enimie 2024. JLT ®

Al Coutelis, après Les Passantes, quels sont vos projets ?

Faire un album sur la vie de mes parents vue par le petit garçon que j’étais mais pas à la Petit Nicolas, ce que j’ai perçu de leur vie quand j’étais enfant. Leur arrivée en France, l’exil, ma mère était née à Constantinople, à vingt ans mon père était parti de Chios, ma mère aussi de Constantinople après le traité de Sèvres qui a morcelé la Turquie après la défaite de 1918. Donc ils sont arrivés ma mère en 1931 à Paris pensant partir rejoindre les siens aux USA, mon père en 1929. Il est devenu coiffeur chez qui ma mère un jour est allée. Ils se sont mariés. Sinon je serai Américain comme mes cousins.Donc ils sont arrivés ma mère en 1931 à Paris pensant partir rejoindre les siens aux USA, mon père en 1929. Il est devenu coiffeur chez qui ma mère un jour est allée. Ils se sont mariés. Sinon je serai Américain comme mes cousins.

C’est une biographie ?

Je reprends leur vie, de ce que j’en ai connue. Ils en parlaient mais ne se racontaient pas. Pas d’écrits. C’étaient quand même des récits de massacres, de spoliations, d’exode, de réfugiés. Je vais jusqu’à leur mort. Ma mère était hantée par la violence qu’elle avait connue. Une anecdote que je raconte dans le livre dont j’ai déjà 55 chapitres transformée en BD : même dans son sommeil elle se projetait dans les rues de Constantinople.

Ce sera chez qui ?

Pour l’instant ce n’est pas signé mais l’album devrait faire plus de 200 pages. J’ai du mal à le vendre car c’est très intime mais très avancé, écrit, avec déjà quelques dessins. Quand on se lance dans ce genre de récit ça vous étrangle un peu. Cavanna le disait et pleurait quand il racontait la vie de son père. La période la guerre est passée sans problèmes. Ils vivaient dans des remises sobrement réhabilitées pour réfugiés.

Rien d’autre à côté de ce projet ?

Je vais aboutir une histoire commencée il y a trente ans qui démarre au Danemark mais je ne veux pas trop en parler pour ne pas me faire piquer le sujet. Je peux faire aussi un recueil de dessins. Les Passantes ont bien marché et on s’est bien retrouvé avec Leconte.

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