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Interview : Al Coutelis des Passantes à Sargasses

Il est un des grands de l’âge d’or de la BD. Al Coutelis a traversé les vagues diverses du 9e art et signé de beaux albums depuis Charlie Mensuel ou Pilote à l’époque Goscinny. Après son récent diptyque avec Leconte, ce passionné de vélo envisage de nouveaux projets dont il a parlé à ligneclaire.info pendant le dernier festival de Sainte Énimie. Propos recueillis par Jean-Laurent TRUC.

Al Coutelis si on faisait un retour sur vos derniers albums ?

Ce sont Les Deux passantes dans la nuit avec mon ami Patrice Leconte, à l’origine un scénario de film qui n’a pu être financé. Comme on est amis avec Patrice depuis 50 ans il m’a demandé si on pouvait en faire une BD. Je l’ai lu et je pense toutefois que cela aurait fait un très bon film. Et donc une bonne BD à condition de remodeler des détails. Patrice quand cela ne va pas il passe à autre chose. Sinon Il y a Sargasses, version ultime du Cimetière des fous que l’on avait fait avec Rodolphe remarquable scénariste.

Et très prolifique touche à tout.

Rodolphe continuera de toute façon. Il écrit aussi des livres. C’est un ami lui aussi de 50 ans.

Pourquoi version ultime de Sargasses? Vous avez fait des rajouts ?

Oui car j’ai repris des pages, j’en ai refait. Dans le scénario Rodolphe a donné une cohérence absente au départ. C’était sorti en 81 dans Charlie Mensuel. A la décharge de Rodolphe, Mandryka, rédacteur en chef, nous avait dit qu’il n’était pas sûr que le mensuel continuerait. Donc il fallait boucler en un album de 44 pages. Rodolphe avait de quoi développer l’histoire. Second point en 40 ans on a muri. Rodolphe a sublimé le scénario. 90 pages cette fois et j’ai eu un grand plaisir à revenir sur ces personnages que j’aimais, à refaire des pages. Ce qui était difficile a été de garder cette naïveté graphique que j’avais il y a 40 ans. Cela a été très sympa.

Une nouvelle jeunesse ?

Il y a un peu de ça. Une résurrection des personnages. Je voudrais signaler que cette histoire avait marqué beaucoup de gens. Nous en fait on remplissait les pages de Charlie Mensuel. On réalise ainsi qu’on fait des Mickey mais que les lecteurs les reçoivent comme une vraie histoire, avec ces crabes géants des Sargasses qui les ont marqués. On ne se projetait pas dans la BD du siècle comme certains auteurs aujourd’hui. J’ai aimé voir reparaître Sargasses.

Qu’est ce qui vous motiverait aujourd’hui ?

Des projets j’en ai plein dont un gros qui est la réédition d’un super héros en quatre volumes, Man : Super-héros polyvalent, avec un coffret. Chez le Troisième Homme comme éditeur qui a publié mon bouquin sur le vélo. C’était un feuilleton en strip qui avait paru dans un quotidien lyonnais Le Point du Jour. Un strip par jour avec un texte et cela se passait à La Défense dans les années 70. Un super héros bien français. Mais on ne m’a pas rendu les dernières pages. Je vais les recréer. Cela aura sûrement du succès car Man ressuscite le feuilleton classique. Ensuite j’ai encore une réédition de l’album qu’on avait fait avec Charlier qui se passait à San Francisco toujours au Troisième Homme. J’ai ensuite un projet très personnel mais en bouquin que j’illustrerai. J’ai commencé une histoire sur un scénario de Rodolphe, très classique qui démarre aujourd’hui mais revient sur la Résistance, les embrouilles à l’époque.

Vous lisez des BD ?

Non hormis celles qui m’ont fait vibrer enfant. Tintin et le Lotus Bleu, magique ou L’École des Aigles avec Tanguy et Laverdure, du grand Charlier et Uderzo.

Vous en avez signé un de Tanguy et n’avez pas continué.

Parce qu’en 88 à la mort de Charlier j’avais écrit un synopsis mais son fils n’en a pas voulu. Je voulais faire du Clostermann, du Kessel avec du souffle.

On ne vous a pas proposeé d’autres séries aéronautiques ?

Tanguy je l’ai fait comme les Trois Mousquetaires. Si c’est pour faire du Buck Danny cela ne m’intéresse pas. C’était bon dans les années 50. Dans Tanguy même Charlier s’était libéré du conformisme de l’époque. Il était très cultivé, instruit et savait raconter des histoires. Il pouvait captiver son auditoire. On pouvait l’écouter des heures. Pour Tanguy je voulais revenir à ce qu’avait fait Uderzo. J’ai aimé Hubinon dans Barbe Rouge. Le Démon des Caraïbes a tous les ingrédients du bon feuilleton. On a eu le dessin de Jijé à ne pas oublier. J’aimerai rendre hommage au fondateur de Pif, René Moreu. Il m’a repris le pied à l’étrier. Je sais faire mais pas me vendre. Il m’a permis de rebondir quand je doutais. Pif Gadget a été une aventure incroyable qui a mal fini. Dommage.

 

 

 

 

 

 

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