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À la vie, à la mort, Pierrot le fou ouvre le bal

On connaît tous son nom mais moins son histoire. Pierrot le fou reste une figure emblématique du gangstérisme des années quarante. Malgré son appartenance à la Gestapo française et à la carlingue de Lafont qui chasse résistants et juifs, les font disparaître ou les livrent tout en s’en mettant plein les poches il s’en tirera provisoirement à la Libération en changeant de camp mais, le naturel revenant au galop, finira enterré, mort de ses blessures après un hold-up, par ses complices du gang des tractions avant. Pierre Loutrel surnommé Pierrot le fou était une ordure, un tueur complexé.  Un parcours cependant d’exception pour Pierrot le Fou, exemple malsain d’une époque pourrie que racontent dans À la vie, à la mort Rodolphe et Gaël Séjourné au dessin sur des couleurs de Jean Verney. Un vrai méchant le Pierrot sans circonstances atténuantes.

Novembre 1946, Pierrot le fou est ex-filtré blessé d’une clinique et transporté chez un médecin véreux où il meurt. On l’enterre sur une petite île. En 1937 Pierre Loutrel se retrouve à Marseille  où il devient mac et fait le ménage autour de Muguette. Il est viré du terrain par Spirito le caïd local et lorgne vers la marine nationale. En 1944-46 il commence à Paris ses braquages en traction avant qu’il enchaîne les uns après les autres. À ses trousses un commissaire (Raymond Souplex commissaire Bourrel dans Les 5 dernières minutes plus vrai que nature) tente de remonter la piste de Loutrel et de son copain Danos. Sans oublier Jo Attia, un redoutable que Pierrot a connu en 1938 dans les Bataillons d’Afrique. A eux deux ils mettent de l’ordre par les punis du camp.

Un premier tome un peu enchevêtré dans le déroulé qui mélange les époques et les retours en arrière. Un choix de Rodolphe dans la narration pour éviter la banalité d’un récit chronologique sûrement. Le dessin est bien marqué, colle au réalisme précis d’une série pareille. Un peu rapide les enchaînements avec ce qui s’est passé à Toulouse en 44 alors qu’on n’a pas encore évoqué la Gestapo française. L’ennemi public numéro 1 a des albums devant lui. Rodolphe a écrit en 2005.

À la vie à la mort, T1 Pierrot le fou, Soleil, 15,50 €

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