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Livingstone, un explorateur jamais satisfait

En simplifiant le débat, de Livingstone on a retenu la célèbre question de Stanley chargé de retrouver l’explorateur, « Docteur Livinstone je présume ? » Une phrase dont l’authenticité est semble-t-il discutable mais le romanesque entier. Imaginons un instant que le seul Européen présent hormis Stanley, au fin fond de la brousse, lui ait répondu « Non, il vient de sortir ». Reste que la grande Histoire est souvent faite de petites phrases. Pour en revenir plus sérieusement à Livingstone, Rodolphe au scénario, Paul Teng au dessin et Céline Labriet aux couleurs lui consacrent un album en tout point passionnant, complet, un traité d’aventures incroyables qui rend hommage à un homme possédé par son désir entier et absolu de découvertes de nouveaux horizons. Si le sujet a déjà été traité en BD, c’est la première fois que le destin d’exception de Livingstone est aussi bien rendu, exploité que ce soit sur le plan humain qu’historique. Le rapprochement dans l’album Stanley-Livingstone et la qualité d’écriture de Rodolphe n’y sont pas pour rien.

On ne sait plus où il est passé Livingstone, explorateur britannique renommé. Pour les patrons du New York Herald en octobre 1869, c’est un sujet capable de faire monter les ventes du journal. On le croit du côté de la Tanzanie. On va donc mandater un journaliste, Stanley, pour aller le retrouver. Carte blanche, Stanley part pour Zanzibar en 1871. Il faut qu’il déniche l’explorateur des chutes Victoria, du Zambèer, traversé l’Afrique. Il a été reçu par la reine avant de repartir avec pour objectif les sources du Nil. Pas gagné pour Stanley qui monte une expédition de taille. Il atteint les abords du lac Tanganyka et dans un bourg tombe sur un Blanc. C’est Livingstone qui est coincé dans ce bled paumé depuis des années. Stanley informe l’explorateur sur la marche du monde, le canal de Suez, la défaite de la France en 1870. Livingstone commence à se confier, lui avoue son rêve des sources du Nil. Stanley décide de l’accompagner. Livingstone lui raconte son enfance pauvre, ses études de médecine et de pasteur. Il ne peut accéder à la Chine. Il part en Afrique.

C’est une sorte de biographie que signe Rodolphe. A travers le périple vers le Nil, Livingstone revient en arrière, sur sa femme qui mourra, ses enfants, son dégoût de l’esclavage même si il ouvre d’une certaine façon la voie à la colonisation anglaise. Le destin de Livingstone se finira sur le continent qu’il a aimé par dessus tout. Son corps sera rapatrié en Angleterre et inhumé à Westminster. Un album très nerveux, au dessin de Teng (Jhen, Les Portes de fer) réaliste enlevé, passionnant comme un grand film d’aventures.

Livingstone, Le missionnaire aventurier, Glénat, 14,95 €

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