Luminary, un héros lumineux

Luc Brunschwig a toujours été un inconditionnel de Photonik et de ses héros créés par Ciro Tota. Son Luminary qui vient de sortir est un hommage à la série mais sans pour autant copier l’original, un piège que Brunschwig a exclu dès le départ. Idem pour le très inspiré dessinateur Stéphane Perger, admirateur lui-aussi de Photonik. Même si on trouve dans Luminary des personnages. Un comics européen qui assure totalement et joue la carte en finesse du type poursuivi par le destin capable enfin d’être un super-héros. Comment va-t-il y arriver ? Pourquoi et quelle gestion assure-t-il du phénomène qu’il est devenu ? Voilà quelques-unes des questions posées par Brunschwig que l’on avait rencontré à l’époque où il réinventait Bob Morane.

Luminary 1977 : Un cirque avec ses animaux sauvages dont une tigresse qui met bas. Mais elle est en danger, incapable d’accoucher normalement. Un jeune garçon noir entre dans la cage et réussit à l’aider. Billy a un pouvoir incroyable. Au même moment, à New-York, une explosion terrifiante tue deux cents personnes. Au centre du périmètre dévasté un corps intact, celui d’un jeune homme, bossu, qui semble accompagné de libellules qui le protègent. Il va devenir le cobaye du professeur Baldamenti pour des expériences couvertes par le gouvernement. Comment peut-on créer un soldat atomique-suffisant et invincible ? Darby depuis son enfance subit des opérations très douloureuses pour tenter de le redresser. Il est martyrisé par son demi-frère. Après l’explosion, son ami Henkel le retrouve et l’aide à fuir avant que l’armée ne le récupère. Le président des USA a donné son accord aux expériences mais ne peut assumer le responsabilité de la catastrophe. Henkel exfiltre Darby qui pendant son traitement s’est lié à une autre patiente, Mila. A New-York on accuse les mouvements politiques noirs d’être à l’origine de l’explosion qui aurait été causée par une bombe.

Canicule

On se doute bien que très vite, Darby, va découvrir qu’il a des pouvoirs incroyables. Et des états d’âme pour arriver à déterminer dans quel camp il se trouve face à une police extrémiste? Dans le tome 1, on découvre son passé, ses amis dont Mila qui pourrait bien révéler des surprises. Reste aussi le jeune Noir, Billy. Brunschwig rentre très vite dans le vif du sujet, comme d’habitude. Et tout s’enchaîne, on lève des voiles tout en maintenant le suspense. Perger (Brûlez Moscou) a pris à son compte atmosphère, personnages, ambiances avec un réel talent plus la couleur directe. Un discours politique dans une Amérique post-Vietnam, un peu de fantastique et de SF, un handicapé dans tous les sens du terme qui devient un super-héros lumineux, ce Luminary a pris un superbe envol. A noter des interviews des deux auteurs en préface.

Luminary, Tome 1, Canicule, Glénat, 19,95 €

Canicule

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