Un général, une belle brune, le Directoire, faut réviser ses bases historiques au moins de la Révolution à l’Empire. Clisson est un militaire, Eugénie l’amour de sa vie, l’auteur du texte un certain Bonaparte. Salvia Rubio (L’Evasion de Colditz) avec le talent qu’on lui connait scénarise. Maribel Conejero est au dessin très précis mais sobre, évocateur de cette romantique chronique sentimentale.

1794 à Paris Bonaparte se fait virer par Désirée Clary. A ses côtés Bourdienne et depuis la Révolution la France est entre guerre et paix. Bonaparte décide d’écrire un roman sur l’amour souvent impossible pour un militaire. Son héros Clisson fait ses preuves au front avec ses copains De Berville et Mérault. Le peuple les glorifie, il est devenu général. Le Directoire veut qu’il retourne au combat. Lui veut la paix et pas de guerres de conquêtes. On le met au repos, la trahison n’est pas loin. Il part dans une station thermale. Pendant une ballade il rencontre Amélie et la belle Eugénie, celle que son cœur cherchait depuis longtemps. Il s’approche de ses parents les Desmoulins (Camille ? Mystère) pour leur demander de fréquenter Eugénie. Belle occasion pour les Desmoulins de trouver un gendre réputé. Ils le prennent comme professeur d’Allemand pour leurs filles. Clisson est attiré par la sincérité d’Eugénie. Mais sa soeur voit en lui une âme mystérieuse et tragique. Echange de lettres et coup de foudre. Mais quand Eugénie lui rend ses lettres pour ne pas s’embarquer dans une liaison, Clisson veut se suicider. Clisson avoue son amour au père d’Eugénie qui tient à ce qu’ils gardent leurs distances. Clisson intègre la meilleure société. Desmoulins le croit riche. Son ami De Berville est lui aussi pauvre désormais. L’armée lui semblait une possibilité de faire fortune. Amélie veut être une femme libre. Bagarre entre Clisson et Desmoulins.

Toutes les ficelles du drame amoureux sur fond d’Histoire. Eugénie aurait pu être De Beauharnais. Amour libre hors mariage, impossible à l’époque. Retour à la terre, tout y est. L’amour est dans le pré. La France risque d’avoir encore besoin de lui. Aventures épiques, sociales et après ? A découvrir car les rebondissement se multiplient. Pas si simple Bonaparte dans sa nouvelle. Torturé même. Un brin mélo en prime mais ça détend.
Clisson et Eugénie, 96 pages, Ankama, 19,95 €

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