
Une BD qui revient sur l’un des camps de prisonniers en Allemagne les plus connus de la guerre. Et à cela plusieurs raisons. Théoriquement on ne s’évade pas de Colditz, un château hermétique où ne sont rassemblés que des officiers de plusieurs nationalités, Français, Anglais, Belges. De plus la Convention de Genève y est appliquée totalement, seul le cachot où l’absence de colis punissaient les tentatives d’évasion. Etonnant mais vrai, un paradoxe dans le Reich nazi alors que par exemple après la grande évasion du camp de Sagan, le Stalag Luft III dirigé par la Luftwaffe et rassemblant des pilotes alliés abattus Hitler a fait fusiller 50 évadés repris. L’Evasion de Colditz de l’ami Salva Rubio au scénario et Alejandro Gonzalez au dessin met en scène un pilote français qui sera la plaque tournante des évasions. Un récit authentique, une partie d’échecs entre un officier allemand et le pilote, une leçon d’Histoire connue aujourd’hui des seuls spécialistes (ou des générations d’après-guerre) et qui méritait bien une nouvelle actualité. A noter qu’une série TV avait été réalisée et diffusée en France en 1975 avec David Mc Callum (aussi dans La Grande Evasion) et Robert Wagner.

Abattu Gérard Bonaventure par la chasse allemande en territoire ennemi et fait prisonnier en 1940. L’Allemagne est victorieuse. Pour Bonaventure son devoir est de s’évader en mobilisant à ses trousses des soldats allemands qui ne pourront pas aller au front. Il insiste, repris, et est transféré à Colditz, forteresse dont on ne sort pas. Sous uniforme anglais il ne rejoint pas de suite ses compatriotes mais tente de suite l’impossible. Colditz est conçu pour les officiers prisonniers récalcitrants. On y applique vraiment la convention de Genève. Le lieutenant Wagner lui lance un défi, qu’il tente de s’évader et lui fera tut pour l’empêcher. Deux joueurs d’échecs de haut niveau. Les officiers ne sont pas tenus de travailler. Bonaventure passe dans le quartier français où le général Desrosiers est le plus haut gradé. Officiers juifs et algériens sont séparés. Bonaventure étudie le camp, il faut des moyens, de la main d’oeuvre et un bon plan. Le lieutenant Dubois sera le premier à essayer et à réussir. Les Allemands en tirent les leçons. Mais les officiers ont tous des métiers dans le civil très utiles. Un certain Nabil va jouer de culot mais il faudrait pouvoir faire évader plusieurs hommes à la fois sans pour autant se marcher sur les pieds avec les Anglais.

Un vrai génie de l’improvisation, tous les moyens sont bons, les plus incroyables, ingénieux. L’album se lit comme un thriller à la Monte-Christo. Il y aura un officier d’évasion qui lui ne pourra s’évader car il aura accès à tout. On regrettera un peu que l’uniformologie franç de Coldaise soit fantaisiste mais le tout est parfait, bien étudié et le plus souvent vrai. Il y a deux tomes au programme et le dossier final reprend par le menu l’histoire de Coldtiz avec l’exploit incroyable de Mairesse-Lebrun ex champion olympique de saut et polo. Une audace imparable. A revoir dans le style le film qui se passe en 14 avec Pierre Fresnay, La Grande illusion.
L’Evasion de Colditz T1, 104 pages, Glénat, 19 €

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