Le Dessinateur de Drancy, un témoignage inoubliable

C’est le journal de Georges Horan-Koiransky qui court de 1942 à 1943 qui a été mis en images par Hervé Duphot. Il montre ce qu’a été une des pires époques de notre Histoire, celle où des Français dénonçaient, raflaient, emprisonnaient d’autres Français parce qu’ils étaient Juifs. Les promettant presque toujours à la déportation, à la mort dans les camps allemands. Le régime de Pétain avaient émis des lois contre les Juifs s’en prenant même de sa propre initiative aux enfants juifs ce que les Allemands n’avaient pas vraiment demandé. Et il fallait les emprisonner, les trier, vérifier si il y avait des exceptions dans des camps en France. Drancy en était devenu un. L’auteur du journal était un bon dessinateur et ses dessins sont restés avec son journal, autant de preuves de la lâcheté, de l’ignominie d’une partie de la population qui a aussi fermé les yeux. A lire aussi La Muette à Drancy. Et Si je reviens un jour.

Il faut rappeler la loi de Vichy : est regardé comme Juif toute personne issue de trois grands-parents de race juive ou de deux grands-parents de la même race si son conjoint lui-même est juif. 10 juillet 1942 à Paris, Georges Koiransky rentre chez lui et le docteur Frochon le prévient que dans la nuit ont va rafler les Juifs, qu’il doit fuir. Il n’y croit pas car il est pour lui non-juif marié à une aryenne. Son fils Alain est donc aryen. Sa femme est inquiète car certains de leurs amis ont été raflés. 6 heures du matin la Police est là, Georges est emmené. Pour vérifications à la Police aux questions juives. Un homme avec lui a été arrêté parce qu’il jardinait sans son étoile jaune. Sa femme le rejoint et lui apporte des affaires et va tout faire pour le sortir de là. Direction le dépôt, sûrement dénoncé. Drancy dans la foulée prison des Juifs. Drancy la cité de la Muette est un ensemble de bâtiments modernes désertés. Il a suffit de l’entourer de barbelés pour en faire le frontstalag 111. Ce sont les gendarmes français qui gèrent et pillent, volent les détenus. Georges clame qu’il est non-juif mais rien n’y fait. Il sera dans la bloc 5 dont le chef est AAron. On lui demande des nouvelles de dehors, on est en 1942. Les Allemands sont encore des vainqueurs. Le 13 juillet commence sa vie de détenu, les latrines, les affairistes, les traffics. Aaron lui montre le camps, les colis que la famille doit envoyer sinon on meurt de faim. Il y a aussi une hiérarchie juive. Et le capitaine Voeux un sadique. Les bus chargés de raflés arrivent en permanence dont maintenant des femmes.

 

La femme de Georges au péril de sa vie va extraire de Drancy les croquis, les textes de son mari. Dans le camp on sait qu’il y a des déportations pour la Pologne mais comme main d’oeuvre forcée. Le frère de Léon Blum, René va rencontrer Georges qui va finir par trouver du papier pour dessiner. Il va voir les enfants à leur tour à Drancy. Il remplit son carnet de croquis pour l’Histoire. En mars 43 il sera libéré. Mais à jamais resteront ses dessins. Un album à lire et à faire lire.

Le Dessinateur de Drancy, 152 pages, Delcourt, Fondation pour la mémoire de la Shoah, 19,50 €

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