Mort Blanche, un guerre sans fin

On a beaucoup parlé, écrit sur ce sniper surnommé la Mort Blanche, titre de l’album qui lui est consacré. Kid Toussaint est au scénario, Holgado est au dessin (MP-Police militaire), très réussi, crédible dans le détail. Le récit est inspiré par la vie de Simo Häyhä et de celle de Hiroo Onoda, soldat japonais qui continuait à se croire en guerre trente ans après 1945. Il a écrit No Surrender. Reste qu’on est dans une fiction qui s’appuie par contre sur des faits historiques avérés. Un destin d’exception pour Riku dont la vie de gamin finlandais va être détruite par un père qui n’aura que ce qu’il mérite. Un album fort et puissant qui montre aussi jusqu’où peut aller un homme qui défend seul son pays et devient malgré lui une machine à tuer.

Un sniper sur la glace qui chuchote « ne pars pas petit oiseau ». En 1932 Riku suit son père et ses frères à la chasse mais n’est pas très doué. Son père l’oblige à garder les deux yeux grands ouverts quand il tire. Une brute alcoolique sans pitié. Riku grandit et s’entraîne mais sa copine Lümi remarque qu’il a des marques sous les yeux. En 1939 la guerre éclate entre URSS et Finlande, invasion à la clé mais la résistance s’organise. Ses frères s’engagent, la Finlande est seule face à l’ours soviétique. Riku les suit avec un fusil sans cartouches que lui donne Lümi. Attaque soviétique en force. Ses frères sont tués mais lui affronte son premier Russe, le poignarde. Il prend son fusil et commence sa chasse « ne pars pas petit oiseau ». Tireur d’élite instinctif il ne manque pas une cible, se sert aussi d’une mitrailleuse face aux Soviets. Il retourne au front après être allé voir sa mère à qui il annonce la mort de ses fils. Leur père est mort aussi. Lümi a été évacuée. Riku accumule les faits d’armes et devient un sniper solitaire en embuscade très efficace. On compte ses cible, 200. Et on lui adjoint un aide pas très doué. Qui est tué. Viennent ensuite les Allemands, 311 et sa tête mise à prix. La Mort Blanche n’arrête pas sa marche.

On comprendra vite qui a été sa première cible. Il sera le héros de plusieurs BD et mangas. On dira que la fin très romanesque avec l’association des deux soldats solitaires ne colle pas vraiment mais bon, le tout se tient et ce n’est pas une biographie. On connait mal la guerre d’hiver en Finlande mais on peut y trouver des ressemblances avec celle que connait l’Ukraine, l’échec des Russes. Un très bon album eu demeurant.

Mort Blanche, 64 pages, Grand Angle, 15,90 €

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