Il est devenu un personnage mythique en BD. Le lieutenant Mike Blueberry et ses pères, Charlier et Giraud, n’ont en fait jamais vraiment pris leur retraite car à jamais présents dans la mémoire collective des lecteurs depuis pas mal de générations. On l’a découvert dans Pilote à l’aube des années soixante, suivi de Fort Navajo paru en 1965 jusqu’à La Mine de l’Allemand perdu, Chihuahua Pearl, le remarquable Angel Face et enfin Mister Blueberry ou Dust. Pas de pause et on avait interviewé souvent Giraud à Montpellier ou dans son atelier parisien. Hommages, il y en a eu, des reprises graphiques épisodiques aussi. Des ventes records dont celle aux USA de la première planche de Fort Navajo pour 175 000 dollars. On reste cependant convaincu que seul Giraud maîtrisait, savait donner vie au fil des ans à Blueberry. Dans Sur la Piste de Blueberry une belle palettes d’auteurs, scénaristes et dessinateurs lui ont écrit des histoires courtes dont certaines lèvent le voile sur des points de son passé, de sa vie de héros solitaire. Un florilège sympa et étonnant parfois. Un beau cadeau de Noël en puissance.

De la tarte à la myrtille, d’où son nom Blueberry. Il y a eu différentes versions. Dont celle là avec une petite fille, une tarte volée par Mike enfant déjà dans des coups tordus. Anlor et Bocquet pour une belle entrée en matière. Et puis évidemment Michel Blanc-Dumont digne héritier de Giraud qui va faire rencontrer avec Jean-François Vivier au scénario Blueberry et Cartland. Sacré duo, on aurait bien vu un album complet. Plus curieux côté graphique, Brugeas et Toulhoat mais intéressant. Partie de poker et outlaws, mal barré Mike. Un Marini sinon rien sur la trace de Leone et Eastwood. Une corde pour un dollar de plus et le retour de Chihuahua Pearl. Superbe dessin et ambiance. On passe à un autre monument si l’on peut dite qui aime le western, Dominique Bertail seul aux manettes avec un ours, ses petits et un Blueberry écolo au grand coeur. Noir et blanc, sépia, quel brio.

Sans oublier Belmonte, Fred Duval, l’excellent duo Matz-Xavier lui, aussi capable de reprendre la série, Taduc idem le western en bandoulière, Gastien, Félix ou Thierry Martin un peu moins convaincant. Enfin Meynet que l’on adore avec une belle Janet. Un clin d’oeil à Coutelis qui fait fort avec Mariolle, puis Vincent Perriot, Corentin Rouge et un choix en bout d’albums d’illustrations originales. Que demander de plus ? Il y a même Mc Clure et Red mort vivant. On est reparti avec Blueberry dans son monde sans égal, cow-boy en permanence au bout de la piste que l’on ne peut pas quitter.
Sur la Piste de Blueberry, 128 pages, Dargaud, 21,50 €
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