Deux personnalités aux caractères bien trempés, la navigatrice Isabelle Autissier et Zelba l’autrice (on ne la savait pas championne d’aviron) se sont associées pour défendre une cause commune. Un album à la fois édifiant, terrifiant et rassurant, Une Bouteille à la mer (c’est tout dire) parle de l’océan, de cette eau qui à la fois représente la plus grande surface du globe mais pourra aussi nous manquer. Des océans fragiles que l’on ne cesse de polluer. Il suffit pour s’en convaincre de mettre un masque et de plonger la tête dans la Méditerranée au bord des côtes. Alors que faire ? Un constat d’abord et peut-être trouver un chemin plus positif pour combattre notre éco-anxiété. Zelba a écrit et dessiné l’ouvrage avec tout le talent, l’humour et aussi la professionnalisme qu’on lui connait (Mauvaises filles) ou Udama chez ces gens-là.

Isabell Autissier est un navigatrice au brillant palmarès, première femme à avoir fait le tour du monde en solitaire. A bord de son bateau en Arctique elle sait que nous avons de la chance, habiter la planète bleue, la seule à priori avec de l’eau et une atmosphère respirable. L’eau notre bien le plus précieux dans laquelle est née la vie primaire mais après des milliards d’années. L’océan nous fournir 50% de l’oxygène de l’air et absorbe 30% des gaz à effet de serre. Elle jette une bouteille à la mer, elle qui a un rapport scientifique, intellectuel mais aussi sensuel, émotionnel, charnel avec l’océan. Et la bouteille c’est Zelba, l’ancienne championne d’aviron qui la trouve. L’eau c’est son élément. Elle se renseigne sur la parcours d’Isabelle, sa passion de la voile transmise par son père. Elle construit son bateau. Contact entre les deux femmes. Faire face à la mer dit Isabelle à Zelba qui part en Afrique au Sénégal ou le paradis est devenu cauchemar. Pollution, montée du niveau de la mer? La pêche et ses bateaux-usines. A La Rochelle elles se rencontrent. Autissier fait des vagues depuis 40 ans pour attirer l’attention sur l’océan.

Commence alors un débat, des constats, des recherches. Mais l’espoir est là pour se 60% de population qui vit près des côtes. Mais la mer monte et avec elle les couches d’eau qui correspondent à des types de poissons précis. Le corail se fait malle. On va dans le mur mais on peut changer un brin de cap et ne pas le prendre de face. Isabelle et Zelba montrent qu’on peut anticiper, accumulent informations et chiffres, rencontres des spécialistes unis par la protection du patrimoine maritime. Isabelle raconte aussi ses beaux souvenirs et Zelba signe un reportage en dessins. On apprend, on réfléchit à quel poisson il vaudrait mieux manger. Un album d’une extrême richesse et une belle aventure intelligente, nécessaire.
Une Bouteille à la mer, 160 pages, Futuropolis, 24 €

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