Les Gorilles du général, tous pour De Gaulle

C’est en quelque sorte un page d’Histoire, la grande qui rejoint la petite et surtout pas une anecdote. Xavier Dorison au scénario et Julien Telo au dessin ont ressuscité les Gorilles du général. Contrairement à la plupart des chefs d’état, De Gaulle a toujours eu les mêmes gardes du corps de 1947 jusqu’à son départ du pouvoir en 1969. D’anciens résistants dévoués corps et âme, issus des maquis et de la France Libre. Fiction et réalité, Dorison s’est lancé dans une série où Histoire et action se marient à merveille sur un dessin un brin rétro mais revitalisé de Telo.

La version luxe 49,95 €

1959, c’est la guerre en Algérie et De Gaulle est président de la République, menacé par de possibles attentats du FLN, le Front de Libération National qui veut l’indépendance pour son pays qui on le rappelle est composé à cette époque de trois départements français, comme ceux de métropole. On n’est pas encore sous la pression de l’OAS qui se battra les armes à la main contre l’indépendance et prendra De Gaulle pour cible au début des années 60. Dorison a rebaptisé les gorilles, a changé leurs noms pour être plus libre dans son scénario. Ils sont devenus Santoni, Bertier, Zerf et Max Milan formé au FBI fraichement nommé à la place de Brémaud ex-patron viré, on saura pourquoi. Une protection rapprochée finalement très « light » mais qui a fait ses armes dans la Résistance. « Pèpère » surnom codé de De Gaulle a une confiance totale en eux. C’est le hasard qui a poussé Dorison dans cette aventure : « Je suis tombé sur un documentaire à la TV « De Gaulle et ses gorilles », un reportage sur ses quatre gardes du corps, Paul Comiti, Roger Teissier, Henri D’Jouder, Raymond Auvrey qui sera écarté en 1963 et remplacé par Raymond Sasia. Je suis fasciné, admiratif pour ces hommes qui ont sacrifié une partie de leur vie pour lui ».

Quatre mousquetaires, tous pour pour un, De Gaulle, et une éminence grise Foccart qui les a choisi. Dorison a gardé son vrai nom à ce gaulliste historique homme de l’ombre sans états d’âmes. On les surnomme les gorilles car leur carrure est celle d’un Lino Ventura au mieux de sa forme en particulier dans le film Le Gorille vous salue bien. Ce tome 1 pose les bases, le travail des gorilles gardes du corps, le quotidien, les appelés en Algérie qui meurent sans savoir pourquoi, un Max Milan beau gosse qui va finir par être absorbé par le trio, De Gaulle très présent. Tebo a un encrage, une puissance qui a modernisé l’époque tout en la crédibilisant. Des Gorilles il y en aura d’autres. Le tome 2 se passera un peu plus tard fin 1959 quand le barrage de Malpasset à Fréjus se rompt. Là aussi les gorilles auront un rôle clé à jouer.

Les Gorilles du général, 96 pages, Casterman, 21,95 €

 

 

3.7/5 - (4 votes)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*