Rêve d’Olympe, Samia jusqu’au bout de l’espoir

Un témoignage bouleversant qui mérite et doit être lu non seulement pour comprendre dans notre univers sécurisé ce que peut être la détresse totale avec la mort au bout du chemin pour des milliers d’immigrés clandestins mais aussi pour la qualité du récit signé par Reinhard Kleist, sa force et son humanité. Rêve d’Olympe retrace le destin tragique et pourtant si courageux de Samia Yusuf Omar. Samia a représenté la Somalie aux Jeux Olympiques de 2008 à Pékin, jeune adolescente qui s’élance sur la piste du 200 mètres pour l’honneur. La Somalie n’a envoyé que deux athlètes. Samia va vouloir par tous les moyens retourner aux Jeux, ceux de Londres en 2012. Méprisée par les islamistes qui écrasent la Somalie, elle fuit et se noie en tentant de traverser la Méditerranée sur un bateau de fortune pour venir en Europe.

Rêve d'OlympeOn l’a applaudit à tout rompre Samia quand elle termine seule et exténuée le 200 mètres à Pékin. On l’a tous vue à la TV. Elle rentre chez elle où des milices l’agressent et veulent la tuer. Samia doit s’exiler et veut continuer sa carrière de sportive. Commence alors un chemin de croix qui va la mener à travers l’Éthiopie, le Soudan et la Libye à un misérable Zodiac surchargé de migrants. Exploitée, prise en otage par des passeurs, rançonnée, Samia ne renonce pas.

Le destin de Samia Yusuf Omar
R. Kleist ®

On suit pas à pas cette jeune fille si fragile et si forte à la fois. On est ému, sincèrement, profondément à la découverte de ce destin qui à un nom contrairement aux milliers de morts rejetés par la mer sur les bords de la Méditerranée, des chiffres qui ne font même plus la Une. Tout est là. La bonne conscience de l’Europe, la nôtre, sait verser des larmes tout en regrettant de ne pas pouvoir accepter hypocritement toute la misère du monde. Samia, l’espoir chevillé au cœur, avait droit au bonheur, à la liberté, loin de la misère de son pays où des imbéciles furieux désormais aussi parmi nous se prennent pour des dieux exterminateurs. Personne n’a aidé Samia et en particulier le comité olympique. Reinhard Kleist est allemand et son pays a une vision beaucoup plus humaniste de l’accueil des réfugiés. Question d’Histoire sûrement. Après la guerre l’Allemagne a dû recevoir douze millions de réfugiés germanophiles chassés par les pays de l’Est. Peu importe en fait. On ne peut qu’espérer que Rêve d’Olympe éveille quelques consciences. On ne peut rester insensible à sa lecture à recommander avec force.

Rêve d’Olympe, La Boîte à Bulles, 17 €