Un pays en guerre, en Europe, légalistes gouvernementaux et patriotes au moins de nom, on pense très fort à l’ex-Yougoslavie bien sûr. Clivages est l’un des derniers opus signés par un Sylvain Runberg qui revient à ses fondamentaux après un Conan ou Jakob Kayne. Un petit village à l’heure d’une guerre civile (dont on ne sait rien) qui aurait pu être français en 1944, avec ses héros anonymes, ses méchants de tout bord, militaires ou civils, ses gentils idéalistes, rien de vraiment nouveau sous le soleil de Satan. On n’est pas vraiment étonné, ni surpris au point de grosso modo savoir à l’avance ce qui va se passer. Un mélange assez plat de lieux communs sur un dessin de Joan Urgell qui fait le job, réaliste et qui vise l’efficacité graphique d’ambiance. Il avait signé Trahie avec Runberg. Dommage.
Très caricatural ce Clivages, classique sur le fond et la forme, même si l’action est forte, assez bien menée. Curieusement, sauf erreur d’interprétation et malgré le méchant capitaine Brevim ou la résurrection du gentil Mélok, les pires et les plus abrutis, les plus manipulateurs sont les patriotes. Quant à l’épilogue, il est téléphoné en 5G. Voilà, on aurait souhaité que l’album soit à la hauteur des premières pages qu’on avait pu en lire et que l’on avait aimées.
Clivages, Récit intégral, Éditions Robinson, 24,95 €
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