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Liberty Bessie, le ciel est à elle

Une histoire de pilotes, d’avions comme on les aime, avec, en arrière plan, un fait historique authentique. Pendant la seconde guerre mondiale, les équipages et les escadrilles américaines n’étaient pas mixtes sur le plan racial. Pas de Noirs avec les Blancs. Mais en 1943 les besoins en pilotes se font sentir. A Tuskegee, on forme 455 pilotes et membres d’équipages noirs dans quatre escadrilles de chasse et une de bombardiers. Ils feront leur job comme les autres et 150 seront tués. Voilà la base de Liberty Bessie, l’histoire d’une jeune fille noire tout autant folle d’aviation que son père abattu en Italie en 1944 sur son P-51. Dans le tome 1, Bessie devient pilote et rien ne l’empêchera de tenter de savoir comment son père a disparu. Au scénario Jean-Blaise Djian et Pierre-Roland Saint-Dizier qui connait bien les choses de l’air. Au dessin Vincent qui avait signé l’excellente série Chimère(s) 1887. A noter que Vincent devrait faire escale à Montpellier chez Azimuts en juillet pour une dédicace.

Octobre 1944, une escadrille des Tuskegee Airman, que des pilotes Noirs, sur Mustang escortent des B-25 en mission sur l’Italie. Au dernier moment Farell Bates a remplacé le chef d’escadrille Roscoe malade. Ce sera son dernier vol, abattu par un Fw 190 allemand. En 1948, à Tuskegee, sa fille Bessie s’apprête à passer son brevet de pilote. La ségrégation bat son plein en Alabama. Bessie est brevetée mais, jeune, femme et noire, difficile de trouver un job alors que le marché est noyé sous le nombre des pilotes démobilisés. Quand elle reçoit la plaque individuelle de son père expédiée de France alors qu’il a été abattu en Italie, Bessie veut à tout prix aller sur place et tenter de remonter la piste. Roscoe qui l’a prise sous son aile la fait monter à bord du Constellation qu’il pilote vers Paris.

Elle n’est pas au bout de ses peines, Bessie. D’autant qu’en Europe, même si on est un peu moins raciste, la vie n’est pas facile. Mais à pilote d’exception rien d’impossible. Des personnages bien campés, une ambiance où l’aventure et l’action font la part belle aux avions mythiques comme le Dakota, on est dans la vraie saga aérienne. Le ciel est à Bessie pour ce diptyque qui fonctionne, vole à merveille sous le crayon de Vincent et un scénario bien carré de Djian et Saint-Dizier. A rapprocher de La Pin-up du B-24, Ali-La-Can, autre très bon titre dans le domaine dont le dessinateur Michel Chevereau devrait aussi comme Vincent, faire une escale à Montpellier chez Azimuts toujours en juillet.

Liberty Bessie, Tome 1, Un pilote de l’Alabama, Vents d’Ouest, 14,50 €

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