
Un petit côté comédie sentimentale estivale et pour cause mais en version réaliste. Le titre annonce à plus d’un titre la couleur. Un été loin des hommes de Fabienne Blanchut (Les Cheveux d’Edith) et Catherine Locandro au scénario, Thomas Campi (Autopsie d’un imposteur) au dessin pourrait donner lieu à une bonne adaptation cinématographique. L’héroïne Frédérique, les ambiances, la plage et évidemment le drame familial forment un tout qui à la fois séduit, interpelle et apporte une émotion sincère à touches douces.

Nice été 2022, une jeune femme Frédérique se pose à l’aéroport, téléphone et dit qu’elle l’aime à son correspondant. Elle part chez son père, tombe sur sa tante Rosa. Sa mère vient de mourir et on prépare les obsèques. Formalités, recherche de photos pour un diaporama. Frédérique s’imprègne des souvenirs toujours présents, fait un choix de photos dont une avec ses parents jeunes et elle petite fille il y a 35 ans. 1985 en Corse un drôle d’été. Frédérique, 12 ans, est malade en voiture et les routes tournent en Corse. Arrivée chez la tante, soeur de la mère. Maison au bord de la mer. Le père doit repartir, les cousines arrivent. Repas de famille et plage, restaurant avec une serveuse fort belle. Photo, celle retrouvée. Tension dans le couple et divorce peut-être, les deux soeurs discutent, seins nus mais pas Frédérique. Arrive Dominique qui travaille comme transformiste dans un club. Regard étonné de Frédérique. Déjeuner mais Frédérique repart sur la plage. Monopoly avec les cousines. Lecture sur le sable et choc à la vue d’une très belle jeune femme dénudée.

On comprend assez vite où on va en arriver mais en douceur. Une chronique estivale qui sera déterminante pour Frédérique, pas à pas, case après case et zoom précis. Epoque de La Boum, Diabolo Menthe, la BD est dans le ton. Découverte et fascination pour la patronne du restaurant, Frédérique n’est pas un garçon manqué mais une fille réussie. Beaucoup de tendresse dans cet été à part qui sera celui de la révélation dont on se doute depuis le début. Un très joli trait et le visage de Frédérique qui se questionne est très vrai, authentique.
Un été loin des hommes, 136 pages, Dargaud, 22 €

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