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Les Fiancées du califat, coup de poing

Le sujet est délicat, difficile et lourd en ressenti. On ne traite pas du terrorisme comme de n’importe quel sujet d’action, polar ou thriller. D’autant que dans Les Fiancées du califat, on est en France, celle de Merah ou des frères Kouachi. Et que c’est toujours en France que les attentats décrits dans cet album doivent se passer. C’est aussi un aspect méconnu ou mal connu, ou contourné, qui met encore plus mal à l’aise qu’évoquent Matz et le magistrat Marc Trévidic, celui du rôle des femmes dans cet univers terrifiant qui ne répond qu’à sa propre logique et à un fanatisme horrible. On peut leur faire confiance pour leur connaissance du terrain et être d’autant plus alarmé par le possible de leur histoire. Enfin, au dessin, il y a Giuseppe Liotti qui faisait déjà équipe avec Matz et Trévidic dans Compte à rebours. Dur et si vraisemblable.

Oum Ghalib est l’épouse d’un djihadiste Abou Ghalib qui a combattu en Irak. Réfugié au Waziristan il va convaincre Cheikh Al Kindi que les femmes peuvent jouer un rôle important dans la lutte terroriste en Europe. La preuve, Aïcha Ghalib a monté un commando à Toulouse et bien que pistée par les Renseignements français a créé une cellule avec quatre autres jeunes femmes. Zohour, Oum Oussama, Dawiya, Oum Kadera, elles se rassemblent dans un appartement dont elles sortent en niqab. On leur a confié une mission et c’est la plus jeune d’entre-elles, Zohour, qui doit l’exécuter. Il y aura ensuite une autre étape. Ce qui créé des dissensions au sein du groupe dont la pire est une convertie, Oum Kadera, complètement disjonctée et dangereuse. Mais le juge Dusquesne les piste.

Une atmosphère très pesante, parfaitement rendue en particulier avec la description des services d’enquête ou juridiques, le poids du fanatisme intransigeant des terroristes. Il y a une vision jusqu’au-boutiste qui s’est démontrée de Charlie Hebdo au Bataclan. Rien n’empêche de penser qu’avec des femmes cela serait différent, voire peut-être pire. Un terrorisme du quotidien, plus simple, plus déconcertant que ce montre les premières pages de l’album même si on ne peut rien exclure. Il y aussi, heureusement, le travail de sape, dans l’ombre de la Justice, de la Police, des Renseignements qui déjouent le plus souvent ces actes monstrueux dont on n’entendra jamais parler. Un album coup de poing qui montre aussi des divergences en interne parmi les terroristes et où on parle de sujets compliqués dont la dépendance de l’Islam de France de pays qui ont une lecture nocive du Coran.

Les Fiancées du califat, Rue de Sèvres, 15 €

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