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Capitaine Perdu, la fin de l’Amérique française

Jacques Terpant avait adapté avec bonheur deux œuvres de Jean Raspail, Sept Cavaliers et Le Royaume de Borée. Amoureux de la liberté, de l’indépendance, Terpant revient sur cette Amérique qui aurait pu être française et que l’on a bradée avec colons, armes et bagages aux Anglais. Certes on ne réécrit par l’Histoire comme on dit mais en revenant sur ce lâchage politique et humain, Terpant dans Capitaine Perdu donne un angle nouveau à l’idée que l’on s’est faite de la perte de ces territoires immenses où les Indiens étaient souvent devenus les alliés de la France.

Ce que cède en 1763 la France aux Anglais c’est le Canada et la valeur d’une vingtaine d’états américains d’aujourd’hui. Ce n’est pas rien et sur ces terres il y a des Français. Le premier soin des Anglais est de faire le ménage, reprendre les forts et massacrer les colons français. La France n’avait pas vraiment investi militairement ou humainement dans le coin. Alors les Indiens qui, eux, auraient préféré que les Français restent, se révoltent contre les Tuniques Rouges. Leur chef est Pontiac et ça va saigner. Le capitaine français Saint-Ange n’entend pas abandonner ces tribus qui lui ont fait confiance. En prime la Louisiane est aux Espagnols. Le traité de Paris en 1763 a rebattu les cartes. La France a commis une bourde même si elle met ainsi fin à la guerre de sept ans. Mais pas question pour Saint-Ange de laisser pour autant les populations se faire massacrer par les Anglais.
Jacques Terpant a cette fois travaillé sur un livre de voyages de Raspail. Sans qu’on s’en souvienne vraiment, hormis la cession par Napoléon plus tard aux USA de la Louisiane redevenu française, la France avait conquis une grande partie des futurs États-Unis. Et a abandonné ses ressortissants ou ses alliés de ces colonies comme elle saura aussi le faire au XXe siècle en Indochine ou en Algérie. Terpant a un dessin et des couleurs dignes des grands peintres du XVIIIe siècle, réalisme en plus, sentiments exacerbés, une fresque que l’on vit avec lui au fil de ses pages. Excellent dossier historique à la fin de l’album qui replace le récit dans son contexte. Un deuxième album clôturera ce cycle.

Capitaine Perdu, Tome 1, Glénat, 14,50 €

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