Albums

Caroline Baldwin intégrale 2, renaissance

C’est l’une des plus atypiques héroïnes de BD. Caroline Baldwin après un départ relativement classique s’est inscrite dans un registre beaucoup plus contemporain osant aborder un sujet tabou à l’époque, le Sida. Dans cette seconde intégrale qui est consacrée on retrouve non seulement le dessin clair et précis, séduisant dans son réalisme sans charge d’André Taymans mais aussi une Caroline, certes toujours aussi jolie, mais emprise à des démons qui risquent de la faire basculer au plus profond d’elle même. Pourtant, à travers les quatre albums que contient cette intégrale, on sent que la détective va remonter la pente, une sorte de renaissance pas gagnée d’avance. Elle reste toujours aussi attachante et symbole très féministe, libre et fragile à la fois.

Un dessin de Taymans fait lors de son passage au festival BD de Sérignan ®

Avant de se plonger dans les albums, il faut lire l’excellent dossier d’introduction de Ane Matheys au début de cette intégrale. On comprendra beaucoup mieux pourquoi André Taymans a signé l’album Absurdia, comment il a pu imposer avec difficulté que son héroïne soit victime du Sida et comment en fait elle a été contaminée et son passage au thriller politique dans Raison d’état. On commence donc avec Absurdia, le cinquième opus des aventures de Caroline Baldwin qui sera confrontée à des meurtres qui ont pour cadre une comédie musicale qui se joue à Broadway. C’est là où commence les problèmes de santé de Caroline avec une première hypothèses de contamination. Angel Rock, c’est la descente aux enfers dans un patelin avec la montagne en sauveur potentiel et la guerre du Vietnam qui s’invite dans un polar en altitude. Raison d’état embarque Caroline dans une aventure dont les services gouvernementaux tirent les ficelles avant dans la suite du diptyque la faire voyager en Asie dans La Lagune.

André Taymans avait donné vie à un personnage qui, peu souriante, mais jolie, intelligente et courageuse menait la vie qu’elle avait choisie sans états d’âmes. Libérée, Caroline Baldwin ressemble aux filles de son époque. On retrouve dans son parcours entre autres la passion de Taymans pour l’Asie, son côté baroudeur qu’il l’a amené dans des pays difficiles comme la Birmanie ou le Laos. Pourquoi alors Caroline Baldwin n’a-t-elle pas continué son périple ? Difficile à dire. Dépassée peut-être Caroline mais on la retrouve quand même à chaque fois avec grand plaisir. Ses albums se relisent bien.

Caroline Baldwin, intégrale 2, Paquet, 25 €

Partager

Articles récents

Le Prix Bd de France Inter-Fnac dévoile ses finalistes le 4 décembre 2026

Pour la neuvième année consécutive, la Fnac, premier libraire de France, et France Inter, première…

2 octobre 2026

Eté 1914, cette Grande Guerre qui était impensable

On sait que dès qu'approche le mois de novembre on peut voir apparaître des albums…

2 octobre 2026

Florence Cestac chez Azimuts à Montpellier le 3 octobre 2026 pour Oui chef!

Recevoir Florence Cestac c'es toujours un évènement et un plaisir. Elle sera le samedi 3…

1 octobre 2026

L’ACBD attribue le Prix Comics 2026 à Tongues

Depuis 2019, l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée récompense une bande dessinée issue…

1 octobre 2026

Le Prix Formula Bula 2026 à Margaux Meissonnier pour Le Parc Saint-Rien

Le Festival Formula Bula a attribué son Prix PRIMA BULA à Le Parc Saint-Rien de…

30 septembre 2026

Vieux Papa, le quotidien d’une personne âgée

Il y a de plus en plus rarement des BD qui vous font vaciller le…

30 septembre 2026