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Silent Jenny, l’abeille salvatrice d’un monde dévasté

C’est le beau pavé du moment, la fin de la trilogie SF de Mathieu Bablet. Shangri-La, Carbone et Silicium, c’est maintenant après quatre ans de travail, d’interrogations, Silent Jenny qui boucle la boucle. Un récit post-apocalyptique qui fait mouche, envahissant et écrasant, d’une richesse graphique remarquable. Dans un futur lointain, les insectes pollinisateurs ont disparu à la suite de grands bouleversements climatiques, Les humains survivants errent sous contrôle des déserts dévastés  à bord de « monades », des vaisseaux-villages motorisés décrits en détail. C’est dans l’une d’elle que vit Jenny, déterminée à récupérer les dernières traces ADN d’abeilles dans l’espoir de retrouver le monde d’avant. Les ambiances et les décors sont le plus indéniable de ce travail qui va satisfaire les amateurs du genre.

Il court vêtu d’un scaphandre dans un paysage de ruines sous la terre, poursuivi. Un accident à sa combinaison, Une abeille gigantesque figée dans  l’ambre durcit, il en prélève. La poursuite continue mais il s’exfiltre dans une bulle. Elle en fait, Jenny, qui rejoint un véhicule à voile et rejoint une base qui avance, une monade. Récupération, désinfection et un jardin où on pollinise des plantes. Jenny apporte son échantillon d’abeille à Flore. Elle parle des Microïdes agressifs. Rien ne va dans le labo de Flore. Repas et injection d’une substance régénératrice dans le ventre. Jenny rejoint le cartographe auquel elle confie que des puits pour l’eau sont à sec. Les Mange-Cailloux ont abordé la Kommunalka autre plate-forme monade spécialisée dans l’agriculture. Elle est perdue. Consignes à bord du vaisseau, un anticyclone prévu, 47° de température, un air médiocre, stress thermique mortel, ne pas s’exposer au soleil. Jenny part vers la tour où elle va remettre ses échantillons. Un lieu riche et agréable. Elle doit déposer son ADN d’abeille à un guichet. Il va être étudié. On peut aussi être victime de transformations physiques.

Abeille, miel, espoir de renouveau, des traces exploitables d’ADN que l’on pourrait cloner, la survie de l’humanité tient à presque rien. Une bureaucratie toute puissante héritage d’un passé lointain, une société monopolistique, il y a dans le récit de Bablet une critique sociale et politique dans un monde en perdition et incapable de se remettre en cause. Un long parcours bien mis en valeur par sa couverture, sa tranche toilée. Un dernier opus de haut niveau très accompli. Lire aussi Shin Zero.

Silent Jenny, 320 pages, Label 619, Rue de Sèvres, 31,90 €

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