On sentait bien dans le tome 5 que la fin était proche. C’est fait avec le 6, Dent d’ours ferme le ban et s’appuie sur quelques rebondissements vraiment imprévus. Même si on se doutait que New-York ne serait pas détruit par le feu atomique, Yann avec sa facilité déconcertante de grand scénariste fait rebondir l’histoire au final des principaux personnages. Raison pour laquelle tout l’enjeu de cette chronique va être dans la difficulté d’en dire peu tout en en disant beaucoup, sans lever le voile d’un suspense bien ficelé. Reste aussi le talent de Henriet qui maîtrise son dessin, le fait s’envoler et pour cause au fil de la série, dans une très belle ligne claire d’une rare efficacité.
Stop. La suite, copieuse c’est dans l’album. Yann a bien huilé son scénario même si on peut quand même penser que, bon, il y va un peu fort mais ça passe. On voit la monstruosité nazie à l’œuvre face entre autres aux déportés massacrés comme la rivalité vraie URSS et USA en 1945, et la France à moindre échelle, pour récupérer tout ce que l’Allemagne nazie a pu rassembler de savants de hauts rangs. Et puis il y a les tout débuts de l’après-guerre pour les héros. Une fin à grand spectacle mais aussi celle d’une Allemagne dévastée par les rêves d’un fou meurtrier qui croyait en un Reich de mille ans. Yann a signé une uchronie qui rejoint en fait le cours de l’Histoire. Une très bonne série parmi les meilleures de chez Dupuis.
Dent d’ours, Tome 6, Silbervogel, Éditions Dupuis, 15,95 €
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