Druuna, retour aux sources avec Serpieri

Elle a marqué les années 80. Druuna est l’héroïne la plus mythique de Serpieri. Il faut dire que la jeune femme avait tous les atouts pour séduire son public masculin en plus d’un intérêt certain sur le plan scénaristique si on aimait le fantastique érotique réaliste avec aventures parfois désarmantes. Dire que Druuna est devenue un classique est évident. Serpieri est l’un des maîtres du 9e art et ce sont désormais les éditions Glénat qui rééditent Druuna dont deux tomes sortent en parallèle d’une exposition qui lui est consacrée Galerie Glénat à Paris à partir du 20 janvier.

Dès le départ, dans le tome 1, Serpieri annonce la couleur. Druuna va avoir des problèmes dans un monde contaminé et qui part en vrille. Comme la belle brune a gardé son physique intact et particulièrement avantageux, elle sera le jouet de mutants divers. Mais en contrepartie elle a droit à ses fioles de sérum. Elle y met du cœur Druuna confrontée à des créatures et à des humains déjantés qui font couler à flot l’hémoglobine. Poo poo pi doo, elle est pratiquement toujours nue, fleur de province ingénue mais volontaire, dernier vestige sain au moins en apparence d’un univers pollué.

Tout est en fait dans le dessin de Serpieri, académique mais d’une rare force érotique. Druuna est une icône, sûrement fantasmée par Serpieri. On pourra chercher une signification, des intentions philosophiques, un discours à Druuna. Compliqué et est-ce bien utile ? Il vaut mieux continuer à apprécier le personnage (qui a vieilli cependant, son physique correspond à une autre époque) et le talent de Serpieri. Druuna a un petit parfum nostalgique. Un album Druuna les origines vient appuyer cette réédition. Une balade sans paroles complétée par des croquis préparatoires de Serpieri dans laquelle Anima au final rencontre Druuna. Pour les fans de Serpieri et pour un public averti comme on dit.

Druuna Tome 1, Morbus Gravis – Delta, Glénat, 19,50 €
Anima, Druuna – Les origines, Glénat, 15,50 €