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L’Or de Morrison, la horde sauvage

Un western avec comme toile de fond des anciens officiers sudistes et une poignée de Français survivants de l’expédition de Napoléon III au Mexique, de grands espaces et un train bourré de dollars, L’Or de Morrison colle à de nombreux grands thèmes classiques du genre. Et pourtant il y a un vrai souffle dans cette épopée qui fait penser par moments à La Horde Sauvage saupoudrée de Viva Maria revisitée par Roger Seiter au scénario (Fog, Lefranc, Sherlock Holmes) et Daniel Brecht au dessin qui avait travaillé avec Christophe Bec sur Death Mountains (Casterman). Ils cadrent assez bien leurs personnages très variés, il faut le dire, dont les destins se percutent tout au long des pages.

1872, le colonel Morrison est un officier sudiste qui tout perdu pendant la guerre de Sécession. Avec quelques fidèles et trois Zouaves déserteurs du corps expéditionnaire français au Mexique il passe une alliance avec une bande de hors-la-loi commandé par Jones. Au milieu de tout ces hommes, des Mexicains, un Indien et une femme Eugénie d’Aubrey qui s’est illustrée sur les barricades à Paris pendant la Commune. Objectif du gang, un train défendu par l’armée US qui contient 350 000 dollars. Pour se défendre les militaires ont embarqué deux mitrailleuses Gatling. A bord du convoi il y a aussi des passagers et la bande qui a pris place sans se faire remarquer. En mettant la main sur les Gatling Morrison et ses hommes abattent froidement l’escorte. Mais les Français et le guide indien qui gardaient les chevaux pour leur permettre de fuir sont attaqués par des Apaches qui volent les bêtes. Le gang est bloqué sur le train sans moyen de fuir. Morrison décide de continuer en train jusqu’à Laramie pour trouver des montures mais le risque est grand.

On va attendre la suite de cette poursuite infernale. Les méchants ont l’armée, les Indiens, le shériff aux trousses et des tensions en interne. Il va sûrement y avoir des dégâts collatéraux. Qui s’en sortira ? On le saura dans le tome 2 de ce diptyque bien ficelé dans l’ensemble même si parfois les rebondissements sont un peu téléguidés. Un western qui s’inscrit dans la tradition d’un genre qui a tendance de plus en plus à revenir sur le devant de la scène. Daniel Brecht maîtrise les codes et son dessin affirme tout à fait l’histoire en lui donnant souffle et une solide vigueur réaliste.

L’Or de Morrison, Tome 1, Éditions du Long Bec, 16,50 €

Brecht ®
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