Un western avec comme toile de fond des anciens officiers sudistes et une poignée de Français survivants de l’expédition de Napoléon III au Mexique, de grands espaces et un train bourré de dollars, L’Or de Morrison colle à de nombreux grands thèmes classiques du genre. Et pourtant il y a un vrai souffle dans cette épopée qui fait penser par moments à La Horde Sauvage saupoudrée de Viva Maria revisitée par Roger Seiter au scénario (Fog, Lefranc, Sherlock Holmes) et Daniel Brecht au dessin qui avait travaillé avec Christophe Bec sur Death Mountains (Casterman). Ils cadrent assez bien leurs personnages très variés, il faut le dire, dont les destins se percutent tout au long des pages.
On va attendre la suite de cette poursuite infernale. Les méchants ont l’armée, les Indiens, le shériff aux trousses et des tensions en interne. Il va sûrement y avoir des dégâts collatéraux. Qui s’en sortira ? On le saura dans le tome 2 de ce diptyque bien ficelé dans l’ensemble même si parfois les rebondissements sont un peu téléguidés. Un western qui s’inscrit dans la tradition d’un genre qui a tendance de plus en plus à revenir sur le devant de la scène. Daniel Brecht maîtrise les codes et son dessin affirme tout à fait l’histoire en lui donnant souffle et une solide vigueur réaliste.
L’Or de Morrison, Tome 1, Éditions du Long Bec, 16,50 €
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