Faust aurait-t-il aimé être un génie littéraire ? C’est ce que souhaite devenir le jeune Lewis qui, lui, passe un pacte avec Sarah, morte, à qui il a juré un amour éternel en contre-partie. On avait été emballé, subjugué par le premier tome de L’Esprit de Lewis. Des dialogues peaufinés aux mots choisis, le scénario est écrit par Bertrand Santini. Lionel Richerand est au dessin enchanté, élégant, diabolique. Le second tome qui clôt le diptyque est tout autant agréablement délirant, savoureusement fantastique, passionnément fulgurant.
Il y a le flegme, l’humour, le drame, une narration construite et un dessin à la fois poétique et réaliste pimenté d’un fantastique qui s’associe au naturel. Le destin de Lewis n’est pas sans surprise. La montée en puissance du scénario, son évolution et ses révolutions, de rebondissement en évidences, est un vrai bonheur éditorial. On est sous le charme. Richerand sublime par son trait Lewis, ses angoisses, ses joies, son malheur. Le bal masqué est un des grands moments de l’album. Lewis est un drôle de masque à qui le sort va jouer des tours pendables. Il faut lire ou relire les deux tomes à la suite pour encore mieux s’imprégner de leur force. Les couleurs d’Hubert sont somptueuses.
L’Esprit de Lewis, Tome 2, Métamorphose Soleil, 17,95 €
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