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Harlem, Queenie joue et gagne

Les années 30, Harlem quartier afro-américain de New-York, c’est une française Queenie qui en est la reine de la loterie clandestine. Mais il y a de la concurrence en ces temps de grande Dépression et tout change, les gangs et des patrons mafieux veulent rebattre les cartes, mettre au mieux Queenie à la retraite ou en faire un cadavre. Mikaël est au piano jazzy de ce polar en deux tomes après Giant et Bootblack pour cette nouvelle incursion new-yorkaise au décor sombre mais parfaitement reconstitué comme d’habitude. Toujours de la tristesse dans ces pages, ces destins tourmentés et un dessin réaliste, expressif qui vit terriblement.

Nord de Manhattan, Harlem, un cabaret et Queenie à qui on veut prendre son territoire à coups de mitraillette Thomson. Celle que tient Dutch Schultz, un ravagé dangereux, le baron de la bière qui a besoin de se renouveler alors que la Prohibition se termine. Queenie, c’est Stéphanie Saint-Clair à qui un journaliste, Bob, aimerait bien poser des questions pour un article. Mais Queenie n’est pas une bavarde et les flics du 32e district pas surpris par les trous dans les murs. Le racisme est roi contre la reine, son garde du corps part en prison. Elle part donner un communiqué au journal noir de Harlem, un sacré morceau, pour la défense du quartier dont elle gère la loterie clandestine. Les flics la rançonnent et laissent tranquille la mafia blanche qui s’est offert le maire.

Bob le reporter blanc, sa copine Tillie grande amie de Queenie, le trio va se mettre en ordre de bataille. Queenie a débarqué en 1910 à Harlem et bâti son empire. Pas question de se faire virer. Voix off, une Stéphanie Saint-Clair qui a vraiment existé mais en un peu moins chevaleresque que ce qu’en dit Mikaël qui s’en inspiré librement. A noter l’album Queenie, la marraine de Harlem d’Aurélie Levy et Elisabeth Colomba paru chez Anne Carrère. Reste que Harlem a son histoire avant la guerre, beaucoup plus troublée dans les années 70 et 80 (souvenir de cailloux jetés sur les vitres du bus de journalistes qui traversait le quartier), puis réhabilité aujourd’hui, que Queenie était un cas et que le tout fait un thriller qui fonctionne à merveille. Cahier graphique collector pour le premier tirage.

Harlem, Tome 1, Dargaud, 15,50 €

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