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Stop Work, le parcours du combattant en entreprise dès le 15 mai

Le monde sans pitié de l’entreprise, avec ses petits chefs, ses souffre-douleur, ses gourous, ses modes, ses injustices, ses règlements de compte, Stop Work est un condensé de ce que la très grande majorité des salariés vit ou a pu vivre. Hier comme aujourd’hui. La prime souvent à l’incompétence, aux magouilles, avec pourtant quelques espoirs de jours meilleurs, Morgan Navarro au dessin et Jacky Schwartzmann déclinent le parcours d’un héros classique dans cette jungle sans pitié. Rondelles S.A. est le petit royaume de Fabrice Couturier, cadre à ambition dirigeante, mais attention, la route vers le succès est souvent pavée de mauvaises intentions. Un dessin clair, piquant, dans le ton de cette comédie dramatique toujours très actuelle. Sortie le 15 mai après le déconfinement.

Il a l’avenir devant lui Fabrice Couturier, à condition d’obtenir le poste de patron des achats dans sa boite, Rondelles S.A. Un brin désabusé mais confiant, prêt à tout si son boss le lui demande, il hérite d’un stagiaire, Hugo, qu’il lui recommande. Guillaume, le patron, lui passe la brosse à reluire à Fabrice qui attend sa promotion et n’est pas vraiment copain avec le syndicaliste maison. En famille, il a des problèmes avec sa fille, rebelle déclarée au lycée. En pointe dans l’entreprise, la responsable du service environnement, hygiène, sécurité. Une tatillonne qui doit prévenir pour mieux guérir, une bloquée des neurones qui vous apprend à descendre les escaliers ou à déclarer un genou heurté contre le bureau, ce qu’elle appelle un « presque accident ». Fabrice apprend qu’il n’a pas le poste attendue. Une option externe a été retenue.

La grosse goutte d’eau et le vase va exploser. Va y avoir de l’offensive tout azimut et les anciens ennemis vont devenir des alliés. Pas question de se laisser bouffer tour cru. La vie est trop courte pour laisser des pitres diriger le monde. Une galerie de personnages pris sur le vif, avec des délires bien réels qui rappellent des souvenirs. On finit par bien l’aimer le Fabrice. C’est vrai que les auteurs lui ont donné de la ressource sous le capot. Les gourous peuvent aussi prendre des baffes. Un plaisir cette balade au fin fond de la bêtise institutionnalisée si réelle.

Stop Work, Les joies de l’entreprise moderne, Dargaud, 18 €

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