The Long and winding road, Ruben Pellejero et Ulysse font un beau voyage dans Le Commodore

Rubén Pellejero était à la Comédie du Livre 2018 à Montpellier. Il a participé à un entretien public avec ligneclaire sur le stand des médiathèques. Si bien sûr on a beaucoup parlé du tome 2 de Corto Maltese qu’il dessine, et n’avoir pas réussi à lui tirer la moindre information sur le tome 3, on a pu aussi évoquer avec longuement le superbe et très Pellejero graphiquement album, The Long and winding road qui ressort sous le titre du Commodore, scénarisé par Christopher et publié sous deux formes différentes, on y reviendra, par les éditions Kennes. Un road-movie du souvenir pour un fils, Ulysse, pas vraiment proche de son père qui lui colle comme dernière volonté d’aller répandre ses cendres sur l’Île de Wight, là où a eu lieu en 1970 l’un des plus mythiques concert festival rock avec Woodstock. En voiture Ulysse, et pas n’importe laquelle, qui va faire un voyage beau certes mais compliqué.

Il fait la gueule Ulysse à l’enterrement de son père. Il pensait en avoir fini avec son géniteur qu’il ne porte pas trop dans son cœur. Erreur. Le papa il veut qu’on le disperse sur l’Île de Wight. On est à Sète, à Montpellier, et sa tante la seule qu’Ulysse affectionne est là quand il reçoit un paquet posté par son paternel. Surprise, une lettre avec des réponses à des question dont pourquoi Wight, et en héritage un combi VW, le Commodore, un mythe roulant avec lequel Ulysse doit apporter les cendres sur Wight. Il y a peu le fils d’Ulysse, Thomas, est venu voir son grand-père qui du coup a planté du cannabis dans le jardin. Il n’y croit pas Ulysse, lui le cadre efficace, marié, sage. C’est plus l’odyssée d’Ulysse c’est voyage au bout de l’enfer. Il continue la galère Ulysse après une étape le long des quais à Sète avec sa tata qui lui en dit plus sur son enfance avec son père et sur sa propre vie. Rendez-vous à Montpellier, rue Saint-Guilhem, en face la librairie Azimuts (que Pellejero a dessiné dans ses cases) avec trois bizarres au look déjanté pour leur âge. Ils ont joué dans l’orchestre dont le père d’Ulysse tenait la guitare. Surprise et en prime un appartement qui contient les souvenirs du papa. Avec les trois mousquetaires sexagénaires, Ulysse va pouvoir se prendre pour D’Artagnan mais le voyage ne fait que commencer.

The Long and winding road

Dédicace de Rubén Pellejero

Une belle balade peut-aussi encore plus si on a les repères musicaux nécessaires à la connaissance des titres rock qui ouvrent les chapitres. Joplin, Jethro Tull, Presley, Mungo Jerry, Ten years after, Hendrix, Dylan, Baez, et même Lee Marvin pour la musique du film Paint your wagon, une rareté, on en passe mais la liste est impressionnante. Ulysse va retrouver en fait sa vraie vie, découvrir un père qui a été jeune à une époque où la liberté était au rendez-vous. Tout était possible et même de faire des enfants un peu partout. Il s’en remettra Ulysse de cette aventure qui va lui permettre de faire le point sur sa propre vie. Un cadeau en fait du père. Christopher lui a concocté des étapes musclées, romantiques, émouvantes, amicales. Avec aussi une muse pour le fun.

Un album générationnel quand même mais qui ne peut que séduire ceux qui n’en ont pas toutes les clés. Et puis il y a le dessin de Pellejero, pur et investi. L’album existe en deux versions, broché sous le titre de Le Commodore qui est une nouveauté, et luxe, plus grand format déjà sorti en 2016 sous le titre de The Long and winding road.

The Long and winding road, Kennes, 29 €
Le Commodore, Kennes, 19,95 €