La Malédiction du pétrole, or noir le nerf de la guerre totale

L’or noir, ce pétrole qui nous est indispensable, source de fortunes colossales, a fait son nid douillet au sein de la révolution industrielle, dans ce XIXe siècle qui va bruler les étapes. On s’en souvient peu, ni que le pétrole et ses champs sans fin a migré de la Russie aux USA puis vers le Moyen Orient. Politique, économie, guerre, moyen de pression, pollution, Jean-Pierre Pécau et Fred Blanchard se sont lancés dans une rétrospective très documentée, perspicace, La Malédiction du pétrole, qui donne beaucoup de clés, racontent les débuts puis l’évolution fulgurante de cette huile noire, visqueuse, sans laquelle, aujourd’hui, on en serait toujours deux siècles en arrière. A moins que son absence ait obligé l’homme à réfléchir autrement, à inventer autre chose, ce qu’il va être obligé de faire de toute façon. Le pétrole est un poison qui a un goût d’argent pas toujours frais.

La Malédiction du pétrole On peux s’appeler Nobel, avoir fait fortune dans les armes, avoir créé un prix, et devenir un pionnier en matière de pétrole. C’est en Russie, à Bakou que les Nobel prennent les rênes et développent le marché, invente le baril, l’oléoduc, le tanker. Leur société, la Branobel explose. Mais les Rothschild s’en mêlent tandis qu’aux USA, Drake (oui, celui de Lucky Luke) faux colonel mais têtu ouvre des puits. Et à partir de là, on ne va pas y aller de main morte. Des ravages monstrueux à faire se pendre une génération d’écologiste et à lancer un certain Rockefeller dans la course au pétrole. Si on fait bien attention les grandes fortunes modernes sont noires d’or noir. On est toujours à la fin du XIXe siècle mais on sait qu’il faudrait aller faire des puits ailleurs. A Bakou vers 1901 un certain Staline comprend que le pétrole est le nerf de la guerre. Il ne l’oubliera pas. Et puis arrive la Ford T qui marche avec quoi ? Ford avec l’argent de Rockefeller fait des voitures à essence, à pétrole raffiné, alors que l’électricité est une énergie très prometteuse à l’époque.

La Malédiction du pétrole

Bon, la suite on la connait mais les deux auteurs la décryptent. Le monde est un gâteau au chocolat noir qui ne fait pas le bonheur. Il va falloir toujours de plus en plus de pétrole avec une pointe colossale pendant les guerres mondiales ou pas. Tanks, cuirassés, avions, tous prennent leur essor et dévorent les barils. Bingo, l’Arabie Saoudite possède les plus grandes réserves au monde (Non, idée reçue fausse, c’est le Vénézuéla. Merci au lecteur qui a rectifié) . On arrête. Un choc pétrolier, l’OPEP, des prix ridicules, qui montent, baissent mais impossible de ne pas faire le plein. On est effrayé, terrifié car la guerre du pétrole est ouverte, les puits sont des cibles pour le terrorisme. Iran contre Arabie. Ou soumis au mauvais caractère d’un virus chinois qui paralyse les économies avec le plongeon du prix du baril. Que sera la suite ? Plus dure sera la chute. Un excellent album clair comme de l’eau de roche, il fallait le faire et passionnant.

La Malédiction du pétrole, Delcourt, 17,50 €