La Belgique, c’est aussi son histoire en BD

Une initiative séduisante des éditions Anspach toujours aussi inventives en BD. Pourquoi ne pas décliner l’histoire de la Belgique à l’aide de la petite (histoire) en BD ? On avait déjà lu avec plaisir les albums de la série Kathleen dont Sourire 58, Bruxelles 43 sont des succès. Cette fois ce sont les stations balnéaires belges qui sont le théâtre de meurtres divers sur fond à la fois historique et de personnages célèbres, d’art aussi. Deux titres viennent de sortir Ostende 1905 de Patrick Weber et Olivier Wozniak puis Coq-sur-Mer 1933 de Rudi Miel et Baudouin Deville. Ligne claire en première ligne, une collection qui démarre bien. Les couleurs de Coq-sur-Mer sont de Bérengère Marquebreucq, celles de Ostende de Cerise.

Ostende 1905, un émissaire du Shah de Perse est trucidé au Royal Palace. Une dame de petite vertu a passé la nuit avec lui et a disparu. Il préparait la rencontre du prince avec le roi des Belges Léopold II attendu avec sa maitresse Blanche Delacroix. Des maquereaux ont été déversés devant le chalet royal pour protester. Le commissaire Ansor, pas Ensor comme le peintre hérite de l’enquête qui part mal. En prime son fils est activiste de gauche du POB. Ansor est par contre bien accueilli par la jolie patronne d’un restaurant haut de gamme. Le roi que sa maîtresse surnomme Très Vieux, lui la nomme Très Belle. A eux deux ils ont des caractères très affirmée. A Ostende un tableau caricatural sur Très Belle mais de belle facture est découvert au musée. Le roi reçoit Ansor qui a intérêt à faire vite pour trouver un ou des coupables. On se régale dans ce polar qui associe avec bonheur les genres. Ansor est un Poirot un brin dépassé mais futé. Le roi est un brutal borné. Des rebondissements et un intrigue amusante par un bon scénariste, Patrick Weber, appuya par un dessin parfait de Olivier Wozniak. Dossier didactique illustré en fin d’album.

Ostende 1905, Anspach, 15,50 €

Coq-sur-Mer 1933, Einstein manque de se faire enlever par les nazis. Un an plus tôt il était à Berlin. Hitler a pris le pouvoir et l’armée cherche à maîtriser l’atome pour en faire un moyen de propulsion pour avion. Dans un bar un chercheur physicien, Léo, est drogué. Il se confie à Einstein qui ne veut encore quitter l’Allemagne et visite un musée où devant un tableau d’Ensor il a une idée. Il peint lui aussi. Mais les nazis commencent à persécuter les Juifs allemand. Il part avec son épouse après avoir brûlé ses archives. Léo est enlevé et torturé pour qu’il dévoile les travaux d’Einstein. Plus tard à Coq-sur-Mer Ensor a récupéré ses œuvres exposées à Berlin où est arrivé Eisntein sous protection de la police belge. A Ostende Einstein donne un concert de violon. Mais les nazis sont en embuscade et essayent de le kidnapper. Un peu plus thriller cet épisode et Einstein est le héros, le pivot de l’intrigue avec en arrière plan l’arme atomique ou la propulsion nucléaire. On y ajoute aussi un fil rouge avec Ensor, la peinture, de l’action et un mystère bien mené jusqu’à la fin. Dans cet album aussi on a un cahier historique qui rend aussi hommage à James Ensor. Rudi Miel et Baudouin Deville qui a dessiné Sourire 58 assurent un excellent spectacle.

Coq-sur-mer 1933, Anspach, 15,50 €

Rudi Miel et Baudouin Deville
Rudi Miel et Baudouin Deville en reconnaissance à Le Coq-sur-Mer. Éditions Anspach ©
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