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G.I. Gay, le choix d’aimer malgré tout

Être homosexuel avoué aux USA empêchait de rentrer dans l’armée même en cas de conflit, jusqu’en 1993, ce qui est récent. A partir de cette date on ne le demande plus aux recrues donc ils n’ont pas à répondre, « don’t ask, dont’ tell ». En un mot ni vu ni connu. Directive abolie en 2011 par Obama. Pour être franc qui savait que l’armée US pratiquait de la sorte ? Si on étudie le sujet ce qu’on fait Bernardo Muñoz et Alcante pour G.I. Gay on s’aperçoit que ces dispositions sont allées encore plus loin que le simple rejet, recherche de substances ou autre. Dans le récit au moment de Pearl Harbor c’est un jeune psychiatre militaire chargé de « détecter » les gays pour les exclure de l’armée qui va découvrir qu’il l’est lui-même. L’histoire même parfois à la limite du crédible au moins pour les circonstances est cependant très bien bâtie par Alcante (La Bombe) et non moins remarquablement dessinée par Bernardo Muñoz. Une vraie humanité dans le propos, une réelle sensibilité qui donne aussi de quoi lutter contre les préjugés, donner la liberté à chacun de vivre sa sexualité, sa vie comme il le ressent.

2011 Laguna Bay en Floride, Alan Cole va être interviewé par la TV. Il va raconter son histoire qui aura été un long chemin. 1941 Pearl Harbor, l’attaque japonaise. Cole est étudiant en médecine psychiatrique. Il est doué et obtient de très bons résultats. Mais la guerre avec le Japon nécessite que les jeunes Américains s’engagent. Cole travaille dans un hôpital donc exempté d’office. Mais son futur beau-père est un militaire retraité borné qui le pousse à s’engager et lui refusera sa fille si il ne la fait pas. Si il rentre dans les Marines il sera chargé d’examiner les recrues mais ne pourra pas poursuivre sa thèse de médecin. Cole s’engage et se retrouve devant tous les jeunes futurs Marines comme spy avec des contraintes précises dont déceler les gays qui seront renvoyés dans leurs foyers. Comme les alcooliques ou les mythomanes. Pour le faire quelques minutes, des tests rapides ou un aveu. Cole ne connait rien de l’homosexualité. Cole se met au travail et accepte la plupart des futurs Marines. Quand arrive la recrue Merle Gore qui ouvertement le drague, lui demande son prénom que Cole finit par lui donner.

Une description très méthodique de l’univers Marines comme dans Full Metal Jacket. Entrainement, esprit de corps avec le Semper Fidelis, leur devise. Et l’injustice totale pour des hommes qui veulent vraiment se battre pour leur pays, rejetés parce que gay. On voit bien l’évolution de Cole pour qui Gore sera à la fois le déclic et le vrai grand amour de sa vie. Cole va le payer cher. On rappellera par ailleurs qu’en France être gay était répréhensible jusqu’en 1982, le régime de Vichy en avait ajouté une couche en 1942. C’est Robert Badinter qui l’a dépénalisée. Quand à l’armée française c’est la grande muette. Accepté si on ne sait pas et interdit de faire du prosélytisme.

G.I. Gay, Aire Libre Dupuis, 26 €

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