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Au Nom du pain Tome 3, de la brioche ou rien

Tout état parti de l’Occupation, de la guerre, dans cette trilogie Au Nom du pain. On pensait alors Au Bon beurre de Jean Dutourd où la farine aurait remplacé la crème fraiche, à Mon Village à l’heure allemande de Bory. Steven Lejeune est au scénario et le tout est très agréablement dessinée par Jean-Charles Gaudin qui, une fois de plus et tant mieux, rappelle qu’un aliment simple fait de farine de blé peut devenir un enjeu sur bien des plans. Pour la fin on va passer à la brioche, de la boulangerie de quartier à la chaîne de production sans états d’âme.

Les années 50, la France retrouve son souffle, la croissance. 1955, fête de la Saint-Jean, c’est le marché pour les Martineau et les Durand des rivaux jadis. Marcelin et Marie ce n’est plus le bonheur. Un dragueur le Marcellin, ces enfants qui ne sont pas du père. Henri Martineau est revenu blessé de la guerre. Le soir de la fête on parle brioche, recettes, vente ailleurs qu’en boutique, la concurrence des autres boulangers. Marie danse avec Jean-Noël. La boulangerie Vignaud serait à vendre, Antoinette est à la caisse, on mange moins de pain en France au moins dans les villes. Une association peut-être et un mariage, Marcellin qui n’a pas été franc avec Marie, et Antoinette. Bagarre entre Martineau père et Durand. Grandes manœuvres pour les rachats et qui fait la meilleure brioche. On passe à l’espionnage industriel avant la lettre.

Bien tournée cette saga familiale dans un monde en pleine révolution de la brioche. Marie-Antoinette avait même proposé sans humour qu’on donne de la brioche au peuple qui voulait du pain en 1789. Le dessin est très efficace, rend bien l’époque dans les moindres détails. Les personnages s’imposent dans ce drame provincial où on passe aux actes les plus violents et où on approche du super-marché victorieux. Encore qu’aujourd’hui ce sont toujours les boulangeries pâtisseries qui tirent le mieux leur épingle du jeu. Baguette et brioche, incontournables.

Au Nom du pain, Tome 3, Monique, Éditions Glénat, 15,95 €

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