Les Damnés du Grand Large, le A qui tue

Une histoire de loups de mer au sens propre du terme, de vaisseaux fantômes, de marque noire comme dans les récits de pirates, de boucaniers, on a apprécié cette croisière sous le signe du A, Les Damnés du Grand Large. A la barre de ce voyage sans retour, de cette sombre plongée dans les bas fonds de l’âme humaine, Kristof Mishel au scénario, Béatrice Penco Sechi au dessin tourmenté et maritime très accompli. Un titre Drakoo qui une fois de plus sort avec talent de l’ordinaire.

Les Damnés du Grand Large

Une auberge de truands, tueurs, assassins des mers, il y a deux cents ans dans un port anonyme. Un étranger pousse la porte et propose de raconter contre un repas une histoire aux clients, les chiens de la côte mais si il les ennuie son destin sera tragique. Commence alors le récit du voyage de L’Alicante et de ses marins dont certains ont commis un crime abominable. A bord, Rêveur le jeune mousse dessine des scènes terrifiantes de monstres marins, de démons aux tentacules acérées. La vie sur le navire est un enfer. Quand soudain un marin est retrouvé pendu dans les mats, un A peint sur le visage et l’horreur dans ses yeux morts. Il faisait partie d’un groupe de la bande du port dont trois autres sont là avec un but précis, trouver un trésor. Mais lequel ? Pour Rêveur c’est la pieuvre géante qui a tué le marin Quemenneur. Et la mort n’a pas fini de frapper sur L’Alicante.

Un vrai et excellent moment d’angoisse, de thriller où finalement tout va tenir dans un suspense fignolé. Un huis-clos dont on se doute que Rêveur tire plus ou moins les ficelles. Mais jusqu’où, pourquoi ? Quelle est la part du fantastique, du réel, des forces invisibles qui hantent les flots ? De Poe à Stevenson, Melville, on navigue en eaux troubles mais avec quel bonheur pour ce premier album très réussi des deux auteurs.

Les Damnés du Grand Large, Drakoo, 15,90 €

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