Métanoïde, une chance venue d’ailleurs

Comme quoi les grandes découvertes peuvent tenir à pas grand chose. Dans le style Colomb et les Indes qui étaient l’Amérique, ce sont cette fois des E.T. qui répondent par hasard à un message radio envoyé par un duo bizarre d’astronomes. On est dans un endroit paumé au fin fond du Canada où on se la joue loin de tout et foutez nous la paix. Ils vont être gâtés les autochtones. Métanoïde reprend la guerre des mondes en plus resserré avec un héros handicapé qui va avoir sa vie bouleversée. David Boriau au scénario et Nuno Plati au trait imprégné d’influences manga tracent les contours d’un univers et d’une aventure pas mal du tout, nerveuse et inventive, basée sur la reconnaissance de la différence dans un monde stéréotypé.

Métanoïde Jorgen Wood gère l’observatoire de la région de Grizzlown. Son assistant est un jeune handicapé, Josh Hove. Tout va pour le mieux dans un néant absolu jusqu’au jour où ils reçoivent une réponse radio à un programme envoyé dans l’espace régulièrement depuis 20 ans. Il y a une intelligence supérieure au-delà des étoiles. Les aliens existent, ils les ont contactés. Sauf que c’est un peu léger pour convoquer CNN. Y a de la joie mais pas de preuves tangibles. En conflit avec son oncle, shériff local, Josh lui dévoile le secret et il le prend pour un affabulateur. Son frère Tony le croit. Dans l’espace il y a comme de l’agitation. Le lendemain Tony et sa copine Kay rejoignent Josh à l’observatoire. Jorgen réalise qu’un engin spatial arrive à toute vitesse vers eux.

Aller, on arrête car la suite vaut le détour mais suspense oblige. Qui sont ces aliens, que veulent-ils ou pas ? Comment le jeune Josh va-t-il réagir ? Et la population qui se ferait bien un alien ou deux en trophée de chasse ? Les auteurs surfent sur le destin d’un héros que cette rencontre va changer à jamais mais ce ne sera pas simple. Il aura des choix à faire avec son frère. Un trait assez bien maîtrisé avec parfois quelques petites faiblesses, un scénario de Boriau (Inferni) varié, maîtrisé, qui lorgne quand même vers le côté super-héros. De l’émotion, de belles scènes à grand spectacle, le tout en noir et blanc.

Métanoïde, Glénat, 16,90 €

Métanoïde