C’est un des faits majeurs de la seconde guerre mondiale qui a le plus prêté à débat, voire même a été occulté partiellement. La position de l’Eglise catholique, Pape en tête face à l’Holocauste, au nazisme, à Hitler, a flirté avec une ambiguïté coupable. Le gouvernement de Vichy en France occupée a été proche de l’Eglise. Des polémiques mais aussi des actes de courage exemplaires de certains membres du clergé. C’est la base de Mea Culpa de Jean-Christophe Brisard au scénario, Michel Malatini au dessin. Le IIIe Reich, le pape au Vatican et, en Allemagne, les évêques, les curés de campagne et des millions de catholiques, un officier SS de la Gestapo Karl Neuhaus est le chef de la section spéciale pour les questions religieuses et il va se faire un plaisir de trier les ennemis du Reich qui en prime verraient d’un bon oeil la mort du Führer. Le premier tome d’un diptyque innovant sur un dessin convenable.

Février 1945, près de Berlin, les Soviétiques balayent la Wehrmacht. Un SS se bat et se souvient qu’il aurait pu tuer Hitler et le Pape Pie XII. Il est le chef des services secrets SS, le commandant Karl Neuhaus. Il se rend et dit avoir des secrets d’état à révéler. Fin mars 1944 au Vatican à Rome, Johannes Denk arrive de Berlin, envoyé spécial de l’ambassadeur du Vatican en Allemagne. Il vient voir le Pape. Le secrétaire, le père Hürth est allemand. SS et armée allemande ont pris le contrôle de Rome (mais ne pénétreront jamais au Vatican). Les Alliés approchent. On s’inquiète de rumeur de massacres de juifs mais aussi de l’avancée des troupes de Staline qui pourraient bien arriver à Rome. Une semaine plus tard Denk accompagné de Neuhaus est à Berlin, croise le docteur Mengele. Denk ramène des informations sur Pie XII. Un courrier secret qui va être ouvert. Denk est payé par Neuhaus. Denk lui annonce que Mussolini va tomber et il précise que le Pape continue à être pro-allemand. Il parlera bientôt à la radio. Mais il pense qu’il faut se débarrasser d’Hitler pour qu’ensuite alliés et Allemands se retournent contre Staline. 20 juillet 1944, au siège de la Gestapo ont est prêt à éliminer le Pape quand soudain les SS sont désarmés par la Wehrmacht. Hitler est mort.

On en arrive à l’attentat manqué contre Hitler par Stauffenberg. De justesse et qui va se terminer dans un bain de sang. L’Opération Valkyrie, l’église appuie mais Neuhaus tient les rénes. Malgré tout il est arrêté par les putschistes.Himmler, rafles des prêtres, Neuhaus est sur la corde raide. A suivre avec des rebondissements sur des bases historiques. Un diptyque bien documenté et qui fait sortir de l’ombre le rôle de Pie XII élu Pape en 1939. On dira qu’il sera toujours assis entre deux chaises, condamnant mais sans préciser les crimes nazis ni le Duce. Et que le Vatican a ouvert ses réseaux vers l’Amérique du Sud pour des dignitaires nazis en 1945.
Mea Culpa T1, 64 pages, Glénat, 16 €

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