Transperceneige, Extinctions, accrocher les wagons avec Matz et Rochette

On va enfin savoir pourquoi le Transperceneige s’est lancé dans sa course folle et, surtout, par qui et comment il a été construit. C’est bien sûr Jean-Marc Rochette qui embarque au dessin ses lecteurs fans de la série mais aussi ceux qui vont la découvrir en partant du début. Au scénario, Rochette est accompagné d’un grand de la bonne histoire, celle qu’on aime et qui fait vibrer, Matz. Rochette, on l’a vu avec Le Loup, a affirmé son trait, plus consistant, plus ferme et toujours doté d’une émotion bien réelle. Avec ce préquel du Transperceneige, même constat. Ailefroide, confie Rochette lui a ouvert des perspectives narratives. Le tome 1 d’Extinctions est indispensable désormais pour raccrocher avec logique tous les wagons du Transperceneige.

Transperceneige Des écolos qui tuent les braconniers, prêts à choisir la Terre, la nature, agir avec violence, ce sont les Wrathers. Des justiciers sans états d’âme qui mettent le feu à une tour pour anéantir le conseil d’administration d’une société responsable de marées noires. Exodes climatiques, montée des eaux et villes côtières abandonnées, famine, guerres, il y en a même qui sont prêts à affronter la fin du monde, les Preppers. Le marché de la survie est en expansion. Mais un homme a une autre vision du futur, Mr Zheng, milliardaire chinois. La Terre est à son point de non retour. Un cataclysme est prévisible et s’enfermer dans un bunker au milieu d’un monde dévasté est inutile. Zheng veut créer un train autonome avec un moteur à propulsion perpétuelle. Mais le nombre de passagers des mille et un wagons sera limité. Une sélection est incontournable. Jimmy, un petit garçon noir, va tenter sa chance pour lui et les siens. Autres écolos capable de tout au détriment même de la fin de l’humanité, ce sont les Apocalypsters. Des milliards de morts seront nécessaires. Le train est-il la solution pour ceux qui le méritent ?

Extinctions Hormis la découverte des débuts du Transperceneige, ce qui est interpellant ce sont ces écolos capables du pire au point même de rendre la Terre à son propre destin sans humains. Un courant de pensée dont on commence à entendre parler dans la lignée de ceux qui attaquent une boucherie pour défendre la cause animale. Certes la maison brûle. Et l’égoïsme de la majorité, capable seulement de consommer à outrance, est pratiquement irréversible. On le voit avec les taxes écolos sur l’essence dont les automobilistes se moquent, attachés au prix et à des limitations de vitesse qui les frustrent. On brûle les vaisseaux. Dans Extinctions, on le verra dans ce tome 1 le pire est déjà là. Il fait froid dans le dos ce préquel mais on y reste accroché, interpellé par Rochette et Matz. On sait que la vérité de demain pourrait bien être de leur côté. Un début très fort.

Transperceneige, Extinctions, Tome 1, Casterman, 18 €

Extinctions