Catégories : Albums

Yasmina et les mangeurs de patates, un bon petit plat

La mal bouffe, l’addiction à des produits néfastes, l’industrie agro-alimentaire en cible directe, ce Yasmina et les mangeurs de patates est un savoureux délice iconoclaste. Un brin idéaliste mais ça fait parfois du bien par les temps qui courent. Une jeune fille ne jure que par les légumes, une cuisine équilibrée, bio et pas chère. Ce qui va lui poser quelques problèmes mais dont elle aura la solution dans ce conte sympathique et déluré signé par Wauter Mannaert. On a envie d’y croire en se disant qu’après tout c’est une question de choix et de volonté. Un joli graphisme, sans complication, qui fait mouche.

On cherche l’aliment miracle, celui qui nourrit et dont ne peut plus se passer. Dans son laboratoire, une chercheuse met au point sans le faire exprès un couplage bizarre entre une pomme de terre et une mouche passée inaperçue. Du coup la patate se met à voler. Ce qui ne sera pas sans conséquence pour l’avenir de Yasmina qui, elle, prépare de bons petits plats à base de légumes mais va en voler parfois chez sa voisine du dessus. Et qui n’est autre que la chercheuse à patate volante. Son père, Omran, est serveur dans un fast-food de frites. Yasmina lui prépare son casse-croûte très bon mais sans viande. Elle va chercher ses légumes chez Cyrille qui se sert de désherbants alors que son voisin Marco est pour le bio. Ils ont des jardins ouvriers qu’un industriel achète pour les transformer en usine. Il va produire un aliment miracle et qui doit le rendre riche. Yasmina a mis au point des carottes piégées pour éloigner les lapins des jardins de ses amis sans les tuer. Une recette qui va bientôt lui servir quand déferlera la pomme de terre qui rend accro fabriquée par Tom de Perdre, l’industriel.

Pas si vraiment drôle car on n’est pas loin de notre réalité quotidienne, de cette addiction mortelle à des produits nocifs, gras, pas naturels dont la pub nous matraque à longueur de journée le message. Une patate et des chips à tête de mort, des consommateurs devenus des zombies accros comme à une drogue, le combat de Yasmina est une vraie leçon de vie. De l’humour, aussi, et une histoire qui se déguste avec gourmandise avec de joyeux personnages. C’est bien le moins.

Yasmina et les mangeurs de patates, Dargaud, 16,50 €

Partager

Articles récents

Florence Cestac chez Azimuts à Montpellier le 3 octobre 2026 pour Oui chef!

Recevoir Florence Cestac c'es toujours un évènement et un plaisir. Elle sera le samedi 3…

1 octobre 2026

L’ACBD attribue le Prix Comics 2026 à Tongues

Depuis 2019, l’Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée récompense une bande dessinée issue…

1 octobre 2026

Le Prix Formula Bula 2026 à Margaux Meissonnier pour Le Parc Saint-Rien

Le Festival Formula Bula a attribué son Prix PRIMA BULA à Le Parc Saint-Rien de…

30 septembre 2026

Vieux Papa, le quotidien d’une personne âgée

Il y a de plus en plus rarement des BD qui vous font vaciller le…

30 septembre 2026

Frankenstein et David Sala chez Maghen dès le 30 septembre 2026

Du 30 septembre au 24 octobre 2026 la galerie Daniel Maghen est fière de consacrer…

29 septembre 2026

Conan Doyle, quand l’écrivain prend la place de son héros

Sherlock sans Sherlock, ni Watson mais avec Sir Conan Doyle son créateur et son fidèle…

29 septembre 2026